|
Prions ensemble pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s'engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que chacun ait accès à une alimentation de qualité.
Dès le début de mon pontificat, j’ai pensé à un voyage en Afrique. Je remercie le Seigneur de m’avoir permis de l’accomplir, en tant que Pasteur, pour rencontrer et encourager le peuple de Dieu ; et aussi de le vivre comme un message de paix à un moment historique marqué par des guerres et par de graves et fréquentes violations du droit international.
La visite du Pape est, pour les populations africaines, l’occasion de faire entendre leur voix, d’exprimer la joie d’être peuple de Dieu et l’espérance d’un avenir meilleur, de dignité pour chacun et pour tous. Je suis heureux de leur avoir donné cette possibilité, et en même temps je remercie le Seigneur pour ce qu’ils m’ont donné, une richesse inestimable pour mon cœur et mon ministère.
Avant même d’essayer de construire la paix par nos propres moyens, face à ceux qui ne la recherchent pas comme un don de Dieu, notre mission nous appelle à en être des « ponts » et des « canaux », afin que la grâce qui vient du ciel puisse se frayer un chemin à travers les méandres de l’histoire.
Alors que notre monde en souffrance a profondément besoin de la paix du Christ, les divisions entre chrétiens affaiblissent notre capacité à être des porteurs efficaces de cette paix. Si nous voulons que le monde prenne à cœur notre prédication, nous devons donc être constants dans nos prières et dans nos efforts pour éliminer tout obstacle qui entrave la proclamation de l’Évangile.
Nous commémorons aujourd’hui le 40e anniversaire du tragique accident de Tchernobyl, qui a marqué la conscience de l’humanité. Il reste un avertissement quant aux risques inhérents à l’utilisation de technologies toujours plus puissantes. Confions à la miséricorde de Dieu les victimes et tous ceux qui en subissent encore les conséquences. Je souhaite que, à tous les niveaux décisionnels, le discernement et la responsabilité prévalent, afin que l'utilisation de l'énergie atomique soit toujours au service de la vie et de la paix.
C’est l’Esprit Saint qui unit les personnes et les vocations dans la liberté, afin que personne ne vive plus pour lui-même. Le dimanche – chaque dimanche – nous appelle à sortir du « tombeau » de l’isolement, de la fermeture pour que nous nous rencontrions dans le jardin de la communion dont le Ressuscité est le gardien.
L’Evangile du jour (Jn 10,1-10) nous invite à faire confiance au Seigneur : il ne vient pas pour nous voler quoi que ce soit, bien au contraire, c'est le Bon Pasteur, qui multiplie la vie et nous l'offre en abondance.
Être chrétien en politique ne signifie pas être confessionnel, mais laisser l’Évangile éclairer les décisions qui doivent être prises, même celles qui ne semblent pas recueillir un consensus facile.
On pourrait dire qu’à l’ère du « triomphe numérique », l’action politique véritablement orientée vers le bien commun nécessite un retour à l’« analogique ». C’est peut-être là le véritable antidote à une politique souvent bruyante, faite uniquement de slogans, incapable de répondre aux besoins réels des gens.
Enseigner, c'est former les personnes à l'écoute de leur cœur, et par là même à la liberté intérieure et à la capacité de réflexion critique, selon des dynamiques où la foi et la raison ne s'ignorent pas, ni ne s'opposent, mais sont des compagnes de route dans la recherche humble et sincère de la vérité.
Je quitte l’Afrique avec un trésor inestimable de foi, d’espérance et de charité : un trésor fait d’histoires, de visages, de témoignages joyeux et douloureux qui enrichissent grandement ma vie et mon ministère de successeur de Pierre. Comme aux premiers siècles de l’Église, l’Afrique est appelée à apporter aujourd’hui une contribution décisive à la sainteté et au caractère missionnaire du peuple chrétien.
En la compagnie du Seigneur, nos problèmes ne disparaissent pas, mais ils sont éclairés : comme chaque croix trouve sa rédemption en Jésus, de même, dans l’Évangile, l’histoire de notre vie trouve un sens.
S’en remettre à la volonté de Dieu apporte joie et profonde sérénité. Une vie donnée à Dieu est une vie heureuse, qui se renouvelle chaque jour dans la prière, les sacrements et la rencontre avec les frères et sœurs que le Seigneur met sur notre chemin.
Personne n’est exclu de l’amour de Dieu ! Chacun de nous, avec son histoire, ses erreurs et ses souffrances, continue d’être précieux aux yeux du Seigneur. Jésus nous l’a révélé à chaque rencontre, dans chaque geste et parole. Il nous a aimés jusqu’au bout, montrant qu’il croyait en la possibilité que l’amour puisse changer même le cœur le plus endurci.
Aujourd’hui, on a soif d’avenir, mais d’un avenir plein d’espérance, capable de générer une nouvelle justice, capable de porter des fruits de paix et de fraternité. Et il ne s’agit pas d’un avenir inconnu, que nous devons attendre passivement, mais d’un avenir que nous sommes appelés à construire nous-mêmes, avec la grâce de Dieu.
Nous devons devenir de plus en plus une société où chacun, selon ses différentes responsabilités, œuvre au service du bien commun et non d’intérêts particuliers, en surmontant les inégalités entre privilégiés et défavorisés. Que les espaces de liberté s’élargissent, que la dignité de la personne humaine soit toujours préservée.
Il faut des chrétiens qui prennent en main le destin de leurs pays. C’est pourquoi je voudrais vous encourager : n’ayez pas peur d’annoncer et de témoigner de l’Évangile ! Soyez vous-mêmes les bâtisseurs d’un avenir d’espérance, de paix et de réconciliation !
La vérité s’offre comme une réalité qui précède l’homme, lui parle et l’appelle à sortir de lui-même, et c’est pourquoi elle peut être recherchée avec confiance. La foi, loin de mettre fin à cette recherche, la purifie de toute autosuffisance et l’ouvre à une plénitude vers laquelle la raison tend, même si elle ne peut la saisir complètement. Dans un monde meurtri par la tyrannie, les peuples ont faim et soif de justice. Il faut valoriser ceux qui croient en la paix et oser des politiques à contre-courant, centrées sur le bien commun. Il est urgent d’avoir le courage de visions nouvelles et d’un pacte éducatif qui donne aux jeunes de l’espace et de la confiance.
Il est en effet encore plus évident aujourd’hui, qu’il y a quelques années, que la prolifération des conflits armés a parmi ses principales motivations la colonisation des gisements pétroliers et miniers, au mépris du droit international et de l’autodétermination des peuples.
Sans un changement de cap dans l’exercice de la responsabilité politique et sans respect des institutions et des accords internationaux, le destin de l’humanité risque d’être tragiquement compromis. Dieu ne veut pas cela. Son Saint Nom ne peut être profané par la volonté de domination, l’arrogance et la discrimination : surtout, il ne doit jamais être invoqué pour justifier des choix et des actions de mort.
En ce premier anniversaire de la naissance au ciel de notre cher pape François, ses paroles et ses gestes demeurent gravés dans nos cœurs. Perpétuons son héritage en proclamant sans cesse la joie de l'Évangile, en annonçant la miséricorde de Dieu et en promouvant la fraternité entre tous les hommes et toutes les femmes.
Le Seigneur vous offre la joie d’être ses disciples-missionnaires, la force de vaincre les ruses du malin, l’espérance de la vie éternelle. Tout cela vous appartient, tout cela est don. Un don qui ennoblit et rend grands, qui engage et responsabilise. Et le don le plus grand est l’Esprit Saint.
Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par les tyrans et trompés par la richesse. Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns. Face à ces maux, le Christ écoute le cri des peuples et renouvelle notre histoire : de chaque chute, il nous relève ; dans chaque souffrance, il nous réconforte ; dans la mission, il nous encourage.
Lorsque le Fils de Dieu s’incarne, il pose des gestes éloquents pour manifester la volonté du Père : il éclaire les ténèbres en rendant la vue aux aveugles, il donne la parole aux opprimés en déliant la langue des muets, il rassasie notre faim de justice en multipliant le pain pour les pauvres et les faibles. Quiconque entend parler de ces œuvres se met à la recherche de Jésus.
Le Christ nous appelle à la liberté : il ne veut ni serviteurs ni clients, mais il cherche des frères et sœurs auxquels se dévouer de tout son être. Pour répondre avec foi à cet amour, il ne suffit pas d’entendre parler de Jésus : il faut accueillir le sens de ses paroles. Il ne suffit pas non plus de voir ce que Jésus fait : il faut suivre et imiter son initiative.
La prise en charge des personnes fragiles est un signe très important de la qualité de la vie sociale d’un pays. Et n’oublions pas : les personnes âgées ne doivent pas seulement être aidées, elles doivent avant tout être écoutées, car elles sont les gardiennes de la sagesse d’un peuple. Et nous leur devons de la reconnaissance, car elles ont affronté de grandes difficultés pour le bien de la communauté.
Une mère aime tous ses enfants, bien qu’ils soient différents les uns des autres, de la même manière et de tout son cœur. Nous aussi, devant la Mère de notre cœur, nous voulons promettre de faire de même, en nous dévouant sans réserve pour que personne ne manque d’amour, et avec lui, du nécessaire pour vivre dignement et être heureux : pour que ceux qui ont faim aient de quoi se nourrir, pour que tous les malades puissent recevoir les soins nécessaires, pour que les enfants aient accès à une Instruction adéquate, pour que les personnes âgées puissent vivre sereinement leurs années de vieillesse.
Je déplore profondément la récente intensification des attaques contre l’Ukraine, qui continuent de frapper également les civils. J’exprime ma proximité à ceux qui souffrent et j’assure de mes prières tout le peuple ukrainien. Je renouvelle l’appel à faire taire les armes et à poursuivre la voie du dialogue.
La trêve annoncée au Liban est en revanche un motif d'espérance, elle représente le germe d'un soulagement pour le peuple libanais et pour le Levant. J'encourage ceux qui œuvrent en faveur d'une solution diplomatique à poursuivre les pourparlers de paix, afin de rendre permanente la cessation des hostilités dans tout le Moyen-Orient.
Aujourd’hui, il faut regarder l’avenir avec espérance et construire l’espérance de l’avenir. N’ayez pas peur de le faire ! Jésus Ressuscité, qui chemine avec vous et qui, pour vous, se donne comme le pain, vous encourage à être les témoins de sa résurrection et les acteurs d’une nouvelle humanité et d’une nouvelle société.
Si les deux disciples d’Emmaüs reconnaissent Jésus lorsqu’il rompt le pain pour eux, cela signifie que nous devons nous aussi le reconnaître ainsi : non seulement dans l’Eucharistie, mais partout où une vie se fait pain rompu, partout où quelqu’un se fait don de compassion à l’instar de Lui. Par la grâce du Christ Ressuscité, nous pouvons devenir ce pain rompu qui transforme la réalité.
Chacun se réjouit en mettant à profit ses capacités relationnelles, en prenant conscience de contribuer au bien commun et en se voyant reconnu comme une personne unique et digne, au sein d’une communauté de rencontres qui se multiplient et élargissent l’esprit. Sans joie il n’y a pas de renouveau ; sans intériorité il n’y a pas de libération ; sans rencontre il n’y a pas de politique ; sans l’autre il n’y a pas de justice.
Je souhaite encourager ceux qui ont déjà choisi le bien, la justice, la paix, la tolérance, la réconciliation. En même temps, avec des millions d’hommes et de femmes de bonne volonté, j’entends aussi invoquer la conversion de ceux qui choisissent des voies opposées et font obstacle à son développement harmonieux et fraternel.
L’Afrique est pour le monde entier une source de joie et d’espérance, car ses jeunes et ses pauvres rêvent encore, espèrent encore, ne se contentent pas de ce qui existe déjà, souhaitent se relever, se préparer à assumer de grandes responsabilités, s’engager personnellement. Le désir d’infini qui habite le cœur humain est un principe de transformation sociale plus profond que n’importe quel programme politique ou culturel.
Je suis très reconnaissant envers le peuple du Cameroun pour l’accueil qu’il m’a réservé et pour les moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble. Gardons vivant dans nos cœurs le souvenir de ces beaux moments ; et même dans les difficultés, continuons à faire de la place à Jésus, en nous laissant éclairer et renouveler chaque jour par sa présence.
Dans les moments où nous avons l’impression de nous enfoncer, submergés par des forces adverses, quand tout semble sombre et que nous nous sentons seuls et fragiles, Jésus est avec nous, toujours, plus fort que toute puissance du mal ; dans chaque tempête, il nous rejoint et nous redit : « Je suis là avec toi : n’aie pas peur ». C’est pourquoi nous nous relevons après chaque chute, et nous ne nous laissons arrêter par aucune tempête, mais nous allons de l’avant, avec courage et confiance, toujours.
La foi ne sépare pas le spirituel du social ; au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles. Le salut d’une communauté passe par une décision commune qui intègre la dimension spirituelle et éthique de l’Évangile au cœur des institutions et des structures, en en faisant des instruments pour le bien commun, et non des lieux d’intérêts, de conflits, ou le théâtre de luttes stériles.
L’ Université catholique peut former les pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique. C’est un service rendu à la vérité et à l’humanité tout entière. Sans cet effort éducatif, l’adaptation passive aux logiques dominantes sera considérée comme une compétence, et la perte de liberté comme un progrès.
Dans les environnements numériques, structurés pour persuader, l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue. L’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et la relation réduite à une réponse fonctionnelle. Chers amis, vous, en revanche, vous êtes des personnes réelles ! La création elle-même a un corps, un souffle, une vie qui doit être écoutée et à préservée.
Lorsque la simulation devient la norme, la capacité humaine de discernement est diminuée et nos liens sociaux s’enferment dans des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus au réel. Nous vivons alors comme dans des bulles imperméables les unes aux autres, nous nous sentons menacés par quiconque est différent et nous nous déshabituons à la rencontre et au dialogue. C’est ainsi que se propagent la polarisation, les conflits, les peurs et la violence. Ce n’est pas un simple risque d’erreur qui est en jeu, mais une transformation du rapport même à la vérité.
Il y a du pain pour tous s’il est pris, non par une main qui s’empare, mais par une main qui donne. Ce faisant, la nourriture abonde : elle n’est pas rationnée pour cause d’urgence, elle n’est pas volée par ceux qui se disputent, elle n’est pas gaspillée par ceux qui mangent à leur faim alors que d’autres n’ont rien à manger.
Tout geste de solidarité et de pardon, toute initiative pour le bien est une bouchée de pain pour l’humanité qui a besoin d’attention. Et pourtant, cela ne suffit pas. À la nourriture qui nourrit le corps, il faut joindre en effet, avec la même charité, la nourriture de l’âme qui nourrit notre conscience, nous soutient dans les heures sombres de la peur, dans les ténèbres de la souffrance. Cette nourriture, c’est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie en chemin par son Corps.
C'est le moment de changer, de transformer l'histoire du Cameroun. Aujourd'hui et non demain, maintenant et non dans le futur, l'heure est venue de reconstruire, de recomposer la mosaïque de l'unité en rassemblant les diversités et les richesses du pays et du continent, d'édifier une société où règnent la paix et la réconciliation. Celui qui obéit à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5, 29) et à la façon humaine et terrestre de penser, retrouve sa liberté intérieure, parvient à découvrir la valeur du bien et à ne pas se résigner au mal, redécouvre le chemin de la vie, devient un artisan de paix et de fraternité.
La Parole du Seigneur ouvre de nouveaux horizons et engendre transformation et guérison, car elle est capable de mettre le cœur en mouvement, de bouleverser le cours normal des choses auquel nous risquons facilement de nous habituer, de faire de nous des acteurs actifs du changement. Souvenons-nous de ceci : Dieu est nouveauté, Dieu crée des choses nouvelles, Dieu fait de nous des personnes courageuses qui, en défiant le mal, construisent le bien.
Malheur à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques, en traînant ce qui est saint dans ce qu’il y a de plus sale et de plus ténébreux !
La paix ne s’invente pas: elle s’accueille, en accueillant son prochain comme un frère et une sœur. Personne ne choisit ses frères et ses sœurs : il nous suffit de nous accueillir les uns les autres ! Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires.
Nous sommes tous les gardiens de nos frères et de nos sœurs et dans la grande famille de Dieu, personne n’est jamais étranger ou oublié, aussi petit soit-il.
Les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église. Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix. C’est aussi le seul moyen de lutter contre les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique.
La paix est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement «aime ton prochain comme toi-même» s’applique également aux relations internationales !
Rejetons la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. Je le répète avec force : « Le monde a soif de paix ! Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ».
Notre vie peut-elle vraiment recommencer complètement ? Oui ! Cette affirmation du Seigneur, si pleine d’amour, remplit nos cœurs d’espérance. Peu importe à quel point nous sommes accablés par la douleur ou le péché : le Crucifié porte tous ces fardeaux avec nous et pour nous. Peu importe à quel point nous sommes découragés par nos faiblesses : c’est précisément là que se manifeste la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d’entre les morts pour donner la vie au monde. Chacun de nous peut faire l’expérience de la liberté de la vie nouvelle qui vient de la foi dans le Rédempteur.
Le cœur de Dieu est déchiré par les guerres, les violences, les injustices et les mensonges. Mais le cœur de notre Père n’est pas avec les méchants, les tyrans, les orgueilleux : le cœur de Dieu est avec les petits et les humbles, et il fait avancer avec eux son Royaume d’amour et de paix, jour après jour. Là où il y a de l’amour et du service, Dieu s’y trouve.
Sous le manteau de Notre-Dame d’Afrique, se construit la communion entre chrétiens et musulmans. Ici, en Algérie, l’amour maternel de Lalla Meryem rassemble tous comme des enfants, chacun riche de sa diversité, unis par la même aspiration à la dignité, à l’amour, à la justice et à la paix. Dans un monde où les divisions et les guerres sèment la douleur et la mort, cette vie dans l’unité et la paix est un signe fort.
Nous avons besoin les uns des autres, et nous avons besoin de Dieu. Reconnaître notre fragilité ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir : la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la véritable paix.
L'avenir appartient aux hommes et aux femmes de paix. En fin de compte, la justice triomphera toujours de l'injustice, tout comme la violence, au-delà des apparences, n'aura jamais le dernier mot.
Partager ce que l’on a est une question de justice. Est injuste celui qui accumule des richesses et reste indifférent aux autres. Cette vision de la justice est simple et radicale : elle reconnaît en l’autre l’image de Dieu. Une religion sans miséricorde et une vie sociale sans solidarité sont un scandale aux yeux de Dieu.
Depuis des millénaires, la mer et le désert sont des lieux d’enrichissement mutuel entre les peuples et les cultures. Malheur à nous si nous en faisons des cimetières où meurt aussi l’espérance ! Libérons du mal ces immenses réservoirs d’histoire et d’avenir ! Dénonçons et éradiquons les causes du désespoir, combattons ceux qui tirent profit du malheur d’autrui !
Aujourd’hui, de nombreuses Églises orientales célèbrent Pâques selon le calendrier julien. À toutes ces communautés, j’adresse mes vœux les plus cordiaux de paix, dans la communion de foi au Seigneur Ressuscité. Prions ensemble pour tous ceux qui souffrent à cause de la guerre, en particulier pour le cher peuple ukrainien. Que la lumière du Christ apporte du réconfort aux cœurs affligés et renforce l’espérance de paix. Que l’attention de la communauté internationale ne faiblisse pas face au drame de cette guerre !
Je suis également plus que jamais proche du cher peuple libanais en ces jours de douleur, de peur et d’espérance inébranlable en Dieu. Le principe d’humanité, inscrit dans la conscience de chaque personne et reconnu par le droit international, implique l’obligation morale de protéger la population civile contre les effets atroces de la guerre. J’appelle les parties au conflit à cesser le feu et à rechercher d’urgence une solution pacifique.
Mercredi prochain marquera le troisième anniversaire du début du conflit sanglant au Soudan. Combien souffre le peuple soudanais, victime innocente de ce drame inhumain ! Je renouvelle mon appel pressant aux parties belligérantes afin qu’elles fassent taire les armes et entament, sans conditions préalables, un dialogue sincère visant à mettre fin au plus vite à cette guerre fratricide.
L’Eucharistie dominicale est indispensable à la vie chrétienne. C’est là que notre foi se nourrit et grandit. C’est là que nos efforts, bien que limités, par la grâce de Dieu, se fondent comme les actions des membres d’un seul corps – le Corps du Christ – dans la réalisation d’un seul grand projet de salut qui embrasse toute l’humanité.
Il n’est pas toujours facile de croire. Cela n’a pas été facile pour Thomas, et ce n’est pas facile pour nous non plus. La foi a besoin d’être nourrie et soutenue. C’est pourquoi, le “huitième jour”, c’est-à-dire chaque dimanche, l’Église nous invite à faire comme les premiers disciples : à nous réunir et à célébrer ensemble l’Eucharistie.
La prière nous éduque à agir. Les possibilités humaines limitées s’unissent, dans la prière, aux possibilités infinies de Dieu. Les pensées, les paroles et les actes brisent alors la chaîne démoniaque du mal et se mettent au service du Royaume de Dieu : un Royaume où il n’y a ni épée, ni drone, ni vengeance, ni banalisation du mal, ni profit injuste, mais seulement dignité, compréhension et pardon.
Celui qui prie a conscience de ses limites, il ne tue pas et ne menace pas de mort. Au contraire, est asservi à la mort celui qui a tourné le dos au Dieu vivant, pour faire de lui-même et de son propre pouvoir l’idole muette, aveugle et sourde (Ps 115, 4-8), à laquelle sacrifier toute valeur et exiger que le monde entier plie le genou. Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie.
La guerre divise, l’espérance unit. La tyrannie piétine, l’amour élève. L’idolâtrie aveugle, le Dieu vivant éclaire. Il suffit d’un peu de foi, d’une miette de foi, pour affronter ensemble, comme humanité et avec humanité, cette heure dramatique de l’histoire.
Je renouvelle à tous l’invitation à se joindre à moi pour la veillée de prière pour la paix, que nous célébrerons dans la basilique Saint-Pierre à 18h00, heure de Rome.
Des centaines de millions de personnes à travers le monde sont plongées dans l'extrême pauvreté. Pourtant, une richesse disproportionnée demeure concentrée entre les mains d'une minorité. Cette situation est injuste et nous oblige à la remettre en question et à nous engager à la changer. La source de ces inégalités n'est pas un manque de ressources, mais la nécessité de s'attaquer aux problèmes, pourtant solubles, liés à leur répartition plus équitable, ce qui doit se faire avec intégrité et honnêteté.
En ces temps-ci, une violence absurde et inhumaine sévit avec une férocité sans nom dans les lieux sacrés de l'Orient chrétien, profanés par le blasphème de la guerre et la brutalité du commerce, sans aucun égard pour la vie humaine, considérée au mieux comme un simple sous-produit de leurs propres intérêts. Mais aucun intérêt ne saurait justifier la vie des plus faibles, des enfants, des familles ; aucune cause ne saurait justifier le versement du sang innocent.
Dieu ne bénit aucun conflit. Qui est disciple du Christ, prince de la paix, ne se range jamais du côté de celui qui, hier, brandissait l’épée et aujourd’hui lance des bombes. Ce ne seront pas les actions militaires qui créeront des espaces de liberté ou des temps de paix, mais seulement la patiente promotion de la coexistence et du dialogue entre les peuples.
J'invite chacun à accompagner cette période délicate de travail diplomatique par la prière, en espérant que la volonté de dialoguer puisse devenir l'instrument permettant de résoudre les autres situations de conflit dans le monde.
Suite à ces dernières heures de grande tension au Moyen Orient et dans le monde entier, j'accueille avec satisfaction et comme un signe d'espérance l'annonce d'un cessez-le-feu immédiat de deux semaines. Seul le retour aux négociations permettra de mettre fin à la guerre.
Il n'est aucune expérience humaine que Dieu ne rachète : même la souffrance, vécue en union avec la Passion du Seigneur, devient un chemin vers la sainteté. La grâce qui convertit et transforme la vie nous fortifie ainsi dans chaque épreuve, nous indiquant pour but non pas un idéal lointain, mais la rencontre avec Dieu, qui s’est fait homme par amour.
Annoncer, en paroles et en actes, la Pâque du Christ, c'est redonner une voix à l'espérance, qui serait autrement étouffée entre les mains des violents. Lorsque la Bonne Nouvelle est proclamée dans le monde, elle éclaire toutes les ombres, en tout temps.
Avec une affection particulière, à la lumière du Ressuscité, nous nous souvenons aujourd’hui du Pape François qui, le lundi de Pâques de l’année dernière, a rendu sa vie au Seigneur.
Souvent le récit de la vérité est occulté par les fake news, comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire par des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement. Face à ces obstacles, cependant, la vérité ne reste pas cachée, bien au contraire : elle vient à notre rencontre, vivante et rayonnante, illuminant les ténèbres les plus épaisses.
L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 28, 8-15) nous demande de choisir entre deux récits : celui des femmes, qui ont rencontré le Ressuscité (v. 9-11), ou celui des gardes, qui ont été soudoyés par les chefs du Sanhédrin (v. 11-14). D’un même fait, le tombeau vide, jaillissent deux interprétations : l’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive.
Convertissons-nous à la paix du Christ ! Faisons entendre le cri de paix qui jaillit du cœur ! C’est pourquoi j’invite tout le monde à se joindre à moi pour la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, sur la place Saint-Pierre, samedi prochain, 11 avril.
À la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ ! Laissons son immense amour transformer notre cœur ! Que ceux qui tiennent des armes les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer !
Pâques est une victoire : celle de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la haine. Mais comment Jésus a-t-il vaincu triomphé ?
Dans ce contexte, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur. Le Seigneur est vivant et reste avec nous. À travers les lueurs de résurrection qui se frayent un chemin dans les ténèbres, Il confie notre cœur à l’espérance qui nous soutient: le pouvoir de la mort n’est pas le destin ultime de notre vie.
La mort est toujours à l’affût. Nous la voyons dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts face aux abus qui écrasent les plus faibles, face à l’idolâtrie du profit qui pille les ressources de la terre, face à la violence de la guerre qui tue et détruit.
Le Christ est ressuscité d’entre les morts et, avec Lui, nous ressuscitons nous aussi à une vie nouvelle ! Cette annonce pascale embrasse le mystère de notre vie et la destinée de l’histoire, et nous rejoint jusque dans les abîmes de la mort.
De nos jours encore, il y a des tombeaux à ouvrir, et souvent les pierres qui les ferment sont si lourdes qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur ; d’autres brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations. Ne nous laissons pas paralyser par elles ! Il s’agit d’une veillée lumineuse, la plus ancienne de la tradition chrétienne, appelée « mère de toutes les veillées ». En elle, nous revivons le souvenir de la victoire du Seigneur de la vie sur la mort et les enfers.
Vrai Dieu et vrai homme, le Christ nous donne un exemple de dévouement, de service et d’amour. Nous avons besoin de son exemple pour apprendre à aimer, non pas parce que nous en sommes incapables mais pour nous éduquer nous-mêmes, les uns les autres, à l’amour véritable. Apprendre à agir comme Jésus, Signe que Dieu inscrit dans l’histoire du monde, est la tâche de toute une vie.
Jésus purifie non seulement notre image de Dieu des idolâtries et des blasphèmes qui l’ont souillée, mais il purifie notre image de l’homme qui se croit puissant quand il domine, qui veut vaincre en tuant ceux qui lui sont égaux, qui se croit grand quand il est craint.
La croix fait partie de la mission. L’occupation impérialiste du monde est interrompue de l’intérieur, la violence qui, jusqu’à aujourd’hui fait loi, est démasquée. Le Messie pauvre, prisonnier, opprimé, plonge dans les ténèbres de la mort, mais c’est ainsi qu’Il met en lumière une création nouvelle.
Ni dans le domaine pastoral, ni dans le domaine social et politique, le bien ne peut naître de l’abus de pouvoir.
La liberté de Jésus transforme les cœurs, guérit les blessures, embaume et illumine nos visages, réconcilie et rassemble, pardonne et ressuscite.
L’Église est présente partout où ses enfants professent et témoignent de l’Évangile : sur les lieux de travail, dans la société civile et dans toutes les relations humaines, là où, par leurs choix, ils montrent la beauté de la vie chrétienne, qui anticipe ici et maintenant la justice et la paix qui seront pleines dans le Royaume de Dieu.
|