{slider Juillet 2026 – Si la technique devient un critère absolu, l’humain risque d’être traitée comme une donnée.}
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Seigneur de la vie, aujourd’hui, nous te demandons la grâce de reconnaître et de protéger la valeur unique et irremplaçable de chaque être humain. Apprends-nous à accueillir la vie sans condition, à prendre soin de la fragilité avec tendresse, à accompagner chaque étape avec respect et à défendre avec courage ceux qui n’ont pas de voix.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » (Mt 11, 25-30), dit le Seigneur dans l’Evangile du jour. En véritable maître, Jésus prend en charge l’humanité blessée par le mal, il en prendre soin. Ce n’est que dans la croix de Jésus que le mal est racheté : ce n’est que dans sa passion que notre fatigue mortelle trouve réconfort et rédemption. Dans l’esclavage, le Christ est libération. Sous le fléau de la guerre, le Christ est espérance. À l’heure du péché, le Christ est pardon. es morts en Méditerranée sont autant victimes des décisions prises que des décisions qui n’ont pas été prises. Le désintérêt pour le bien commun et la corruption dans les pays d’origine, un système économique mondial qui engendre pauvreté et exclusion, la peur qui alimente les préjugés et le mépris, l’idée que ces problèmes ne nous concernent pas, les calculs criminels de ceux qui tirent profit du drame d’autrui, le passage lent et difficile d’une simple gestion des urgences à l’élaboration de politiques cohérentes et partagées. Il n’y a pas d’amour de Dieu sans amour du prochain, et il n’y a pas de prochain si je ne me rapproche. S’arrêter, s’émouvoir, s’abaisser, pleurer face à la douleur d’autrui – comme l’a fait Jésus – c’est entrer dans le mouvement de l’amour, celui dans lequel Dieu s’est révélé. Seule la miséricorde sait répondre par de nouveaux départs, aux abîmes du cœur humain et aux horreurs de la guerre. Nous sommes entrés dans un millénaire où il s’agit de donner une forme spirituelle, culturelle, juridique, politique et économique à la civilisation de l’amour. Que l’immensité de la souffrance dont nous sommes témoins nous fasse saisir le caractère radical de cet appel. La liberté authentique est fondée sur la capacité de la personne humaine de connaître la vérité et d’adhérer à ce qui est bien, même au prix fort. Prions ensemble pour le respect et la protection de la vie humaine à toutes ses étapes, en la reconnaissant comme un don de Dieu.
Si la technique devient un critère absolu, l’humain risque d’être traitée comme une donnée, un rouage ou une marchandise. En revanche, si la technique s’inscrit dans une perspective de sagesse, elle peut devenir une occasion de croissance, de justice et de fraternité. |
{slider Juin 2026 – L’Évangile est bien plus qu’un livre : c’est la personne même du Christ.}
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La nécessité d’une plus grande collaboration entre les chrétiens face aux défis d’aujourd’hui, tels que la paix, le bon usage des nouvelles technologies et la protection de la création, découle de l’Évangile même de Jésus-Christ : en effet, la responsabilité envers la vie et la dignité de chaque être humain, à commencer par les plus petits et les plus démunis, est le critère qui détermine notre destin présent et éternel. Aujourd’hui, nous célébrons la Journée du Denier de Saint-Pierre. Je remercie de tout cœur tous ceux qui, par leur don, soutiennent mon ministère de Successeur de Pierre. Continuons à cheminer ensemble dans la foi et la communion. Nous célébrons aujourd’hui la solennité des saints Pierre et Paul, patrons de Rome. Le sang qu’ils ont versé dans cette ville révèle jusqu’où va l’amour de Dieu que le Seigneur Jésus nous a donné. Ce jour de fête nous associe à la mission de Pierre et Paul, c’est-à-dire à la mission même de Jésus. Dieu nous fait confiance, à nous pécheurs pardonnés par Lui, à nous qui ne sommes pas parfaits, afin que sa grâce resplendisse dans nos histoires et que sa force, qui transforme le mal en bien, se révèle. Il est important que nous nous tournions aujourd’hui vers ces deux saints – Pierre et Paul – pour comprendre comment être à notre tour des apôtres et des bâtisseurs d’unité, des serviteurs généreux de la vérité dans la charité. Je tiens à exprimer ma solidarité envers nos sœurs et frères vénézuéliens touchés par les récents tremblements de terre qui ont fait de nombreuses victimes et blessés, et causé d’énormes dégâts matériels. Tout en priant le Seigneur pour le repos éternel des défunts, je renouvelle ma solidarité spirituelle envers leurs proches, les blessés et tous ceux qui ont été frappés par cette tragédie. De même, j’exprime ma gratitude et mes encouragements à tous ceux qui œuvrent avec générosité aux opérations de recherche et de secours. Celui qui garde la vie seulement pour lui – dit l’Evangile du jour (Mt 10, 37-42) – la perd en réalité, car elle ne s’ouvre pas à la joie de l’amour et devient stérile. C’est pourquoi Jésus nous invite à embrasser la Croix : Il s’est offert, Il s’est perdu lui-même et, c’est précisément ainsi, que nous avons pu recevoir sa vie en abondance. Ces derniers jours renforcent mon espoir. Non seulement en raison de ce que nous avons partagé, mais aussi de la manière dont nous l’avons fait. À une époque marquée par la polarisation, la manière dont l’Église écoute et dialogue fait elle aussi partie intégrante de son message. Si nous savons continuer à rechercher ensemble la volonté du Seigneur, en nous laissant guider par le Saint-Esprit, je suis certain que notre communion deviendra de plus en plus féconde pour la mission de l’Église et pour le service de toute la famille humaine. Confions ces jours du Consistoire extraordinaire au Saint-Esprit, afin qu’il nous rende dociles à sa voix et nous accorde la grâce de rechercher ensemble ce qui sert le mieux l’Évangile et le bien du Peuple de Dieu. La communion n’est jamais un résultat acquis une fois pour toutes : elle reste une conversion quotidienne, qui prend forme dans la prière et à travers des attitudes concrètes, des relations de confiance et la disponibilité à s’écouter mutuellement. Je voudrais tirer de la Parole de Dieu quelques indications pour notre discernement pendant le Consistoire extraordinaire de ces jours. Tout d’abord, l’exemple des saints Pierre et Paul nous encourage à partager la véritable liberté dans la foi. La relation avec le Seigneur Jésus nous libère du péché et de la peur. Annoncer l’Évangile se réalise et porte ses fruits dans la mesure où nous croyons en Lui. Demandons ensuite le don de la paix dans l’unité. Alors que nous invitons tous les peuples à embrasser la foi qui nous rend véritablement libres, les tensions internationales et les conflits continuent de blesser gravement la famille humaine. Cependant, les initiatives et les expériences qui rappellent le respect de la dignité humaine, de la justice, du droit, tout simplement de l’humain, ne manquent pas. C’est là un motif d’espérance, car cela atteste la beauté de l’œuvre de Dieu. En troisième lieu, savourons aujourd’hui et toujours la concorde dans l’obéissance, c’est-à-dire dans l’écoute qui reconnaît le don du Verbe, fait chair pour nous. À travers cet exercice, le Saint-Esprit nous guide, en nous indiquant Lui-même les problèmes et les opportunités pastorales, en purifiant nos intentions et en corrigeant ce qui s’écarte du chemin commun. On ne peut pas considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout outil technique implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce qu’il optimise et la manière dont il classe les personnes et les situations. Le discernement éthique ne peut se limiter à se demander si nous utilisons un certain système à des fins bonnes ou mauvaises, mais doit également s’interroger sur la manière dont il est conçu et sur la conception de la personne et de la société qui est inscrite dans les données et les modèles qui le guident. Pour que l’IA respecte la dignité humaine et serve véritablement le bien commun, il est essentiel que les responsabilités soient clairement définies à toutes les étapes : depuis ceux qui conçoivent et entraînent les systèmes jusqu’à ceux qui les utilisent et à ceux qui décident de leur confier des choix concrets. Il doit être possible d’identifier qui doit rendre compte des décisions, les motiver, les contrôler et, si nécessaire, réparer les dommages qui en découlent. Nous sommes appelés à célébrer l’Eucharistie sur l’autel du Seigneur, mais aussi dans la vie quotidienne, où il est possible de vivre chaque chose comme une offrande et une action de grâce. Chers écrivains, nous avons besoin de votre imagination, de votre créativité narrative et de votre esprit vif. Nous en avons besoin pour créer des espaces de liberté et d’authenticité, au sein desquels la grâce divine puisse faire résonner une promesse de consolation et de paix. Nous devons résister à la marchandisation des besoins humains essentiels. L’eau, l’alimentation et les soins de santé ne peuvent être subordonnés à des considérations de marché ou à des intérêts géopolitiques. L’accès à une alimentation adéquate est un droit humain fondamental ancré dans la dignité de chaque personne. Répondre à ce besoin ne sert pas seulement à soulager la souffrance, mais aussi à s’attaquer aux causes sous-jacentes de l’instabilité géopolitique. En effet, la sécurité alimentaire est une composante essentielle de la sécurité mondiale et intégrale. Je tiens à lancer un appel aux gouvernements et aux peuples du monde entier afin qu’ils renouvellent et renforcent leur engagement, qu’ils augmentent les ressources consacrées à la lutte contre la faim et ses causes profondes, et qu’ils suppriment les obstacles qui empêchent l’aide d’atteindre ceux qui en ont besoin. Parallèlement, ce soutien devrait également consolider l’engagement aux côtés de l’Église et de la société civile. Renforcer les capacités de l’ensemble de ces acteurs permettra de multiplier notre efficacité collective dans la lutte contre la faim. Dans l’Evangile du jour (Mt 10, 26-33), Jésus établit un lien entre ce que nous entendons “au creux de l’oreille”, c’est-à-dire dans le secret du cœur, et ce que nous sommes appelés à proclamer à tous, en nous rappelant que la proclamation de l’Évangile est avant tout le partage d’une rencontre personnelle avec Lui, rencontre unique pour chacun. Ressentir de la joie dans des circonstances difficiles n’est possible que si notre vie repose sur notre relation avec Dieu, notre Père aimant. Seul l’amour de Dieu peut nous procurer une joie véritable et parfaite. Si nous sommes profondément convaincus que Dieu prend soin de nous en tant que ses enfants bien-aimés, nous ne serons ni désorientés ni découragés, même dans les situations difficiles.
Je voudrais lancer une nouvelle fois un appel à la réflexion sur les conséquences de la guerre pour la prévenir avec intelligence et responsabilité, car tout cela n’est pas le fruit d’un destin inévitable, mais de choix libres et donc de responsabilités moralement imputables.
Des nouvelles douloureuses nous parviennent concernant la guerre en Ukraine, qui continue de s’étendre. De nombreuses victimes innocentes, des secouristes tués, des églises et des sites du patrimoine culturel ravagés par les flammes. Je suis de tout cœur avec ceux qui pleurent leurs proches, les blessés et de ceux qui, au milieu de la violence, continuent de servir la vie avec courage. Prions ensemble, pour que cette guerre cesse. Demandons au Seigneur d’ouvrir des voies de dialogue, d’éteindre la haine et de rendre possible une paix juste et durable. Je me réjouis de la conclusion d’un accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique, qui sera signé vendredi, résultat encourageant d’un travail patient de dialogue et de négociation. J’exprime ma gratitude envers les pays qui se sont engagés à faciliter la rencontre entre les parties et à rendre cet accord possible. J’espère que cet accord contribuera à renforcer la confiance mutuelle, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, en favorisant le dialogue et la coopération entre les peuples. Nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. L’un de ces fruits est le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour. En cette époque, si durement marquée par la violence guerrière et sociale, beaucoup s’interrogent sur ce que sera le monde dans lequel grandiront leurs petits-enfants. Je vous exhorte, bien-aimés grands-parentes et personnes âgées, à vous joindre à moi pour prier avec insistance afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier. Le Seigneur est le refuge du pauvre (cf. Ps 14, 6). Ainsi, dans le Christ, nous sommes nous aussi appelés à devenir pauvres et à être un refuge pour le pauvre. La communauté chrétienne ne peut rester insensible face à tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent à la porte et restent invisibles aux yeux de ceux qui sont enfermés entre leurs murs. Devenu notre frère, le Fils de Dieu regarde les personnes, il regarde l’humanité : il voit l’oppression qui écrase et la violence qui prive de toute force. Il voit les blessures des guerres et la vacuité du consumérisme. Il voit des visages figés comme des masques, des familles broyées par le mal et des jeunes séduits par de faux idéaux. Jésus voit et aime. Il aime et souffre pour nous, avec nous : sa compassion exprime non seulement une proximité fraternelle, mais aussi une volonté de rédemption. Très chers frères prêtres, en ce jour où l’Église contemple le Cœur transpercé de son Seigneur, d’où jaillit une source inépuisable de paix et d’unité pour toute l’humanité, j’adresse d’abord à moi-même et à vous tous les paroles que Dieu a adressées au peuple d’Israël : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » « Dieu est amour ; celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16). C’est là le cœur de l’Évangile, le cœur du Christ. Celui qui s’y plonge ne vit plus pour lui-même. Je rends grâce pour la foi et la charité dont j’ai reçu tant de témoignages au cours de ce voyage apostolique en Espagne. Depuis cette place, je veux adresser un message clair à ceux qui profitent du désespoir ; à ceux qui organisent des parcours qui conduisent à la mort, font le trafic d’êtres humains, retiennent les documents, exploitent les travailleurs, menacent les femmes, trompent les familles et transforment la souffrance d’autrui en une affaire lucrative. Arrêtez-vous ! Convertissez-vous (cf. Mc 1, 15) ! La peur, l’indifférence ou la violence de ceux qui spéculent sur la vie humaine ne peuvent avoir le dernier mot. Le dernier mot revient au Christ, qui s’identifie à l’étranger, touche les blessures de l’humanité et nous appelle à le reconnaître en chaque frère qui a besoin d’être accueilli, protégé, valorisé et intégré. Levons les yeux vers Lui, sans détourner le regard de ceux qui souffrent ; regardons le Seigneur pour apprendre à regarder nos frères avec ses yeux. Aujourd’hui, dans l’Église, nous célébrons la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, qui représente pour les chrétiens l’amour miséricordieux et infini de Dieu pour chaque être humain. Au-delà de nos origines, l’amour de Dieu ne connaît ni frontières, ni distinctions, se donne à tous et nous rassemble dans l’unité. Rappelons-nous que nous sommes la présence vivante du Seigneur dans le monde. Enflammés par la charité de son Cœur, soyons porteurs de sa miséricorde et de sa paix, afin que cessent les guerres dans le monde et qu’une nouvelle humanité, réconciliée dans l’amour, grandisse autour de nous. Voici deux attitudes de notre vie chrétienne que nous devons garder à l’esprit pour être des “architectes avisés” dans la construction de la civilisation de l’amour. La première est d’embrasser la croix du Christ comme Cyrénéens, en accompagnant et en aidant à porter les fardeaux de tant de frères et sœurs crucifiés par les drames de la vie. La seconde est de cultiver une spiritualité eucharistique, une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour. Le drame des migrants doit devenir un examen de conscience : pour les pays d’origine, qui doivent créer les conditions de paix, de justice et de développement ; pour les pays de transit, appelés à protéger et non à laisser les plus faibles aux mains de réseaux criminels; pour l’Europe, qui ne peut proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales; pour la communauté internationale, appelée à une coopération efficace et persévérante. Chaque bateau qui arrive ne transporte pas seulement des migrants; il apporte avec lui une question: quel monde avons-nous construit, si tant de frères doivent risquer la mort pour trouver la vie? La dignité humaine exige des voies légales et sûres, le secours et l’assistance, la coopération réelle contre les trafiquants, la protection effective des victimes, des processus sérieux d’accueil et d’intégration, et des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre. Nous ne pouvons pas nous accoutumer à compter les morts. La dignité humaine n’a pas de passeport et ne perd pas de sa valeur lorsqu’elle franchit une frontière. S’il existe un droit de chercher refuge lorsque la vie est menacée, il existe aussi le droit de ne pas avoir à migrer: le droit de rester chez soi sans faim, sans guerre, sans persécution, sans violence, sans que la terre devienne inhabitable, sans que la corruption vole le pain des pauvres, sans que les armes détruisent l’avenir des enfants. La beauté de ce temple nous incite à apprendre toujours davantage de notre Maître et Seigneur l’art de vivre selon son Évangile. Alors que nous levons les yeux vers Lui, le Crucifié ressuscité, engageons-nous à relever le visage de ceux qui gisent dans la poussière (cf. 1 S 2, 8). Et montrons ainsi que la Sagrada Familia est la plus haute église du monde, non pas pour figurer en tête des classements mondains, mais pour guider les pas du peuple de Dieu avec la croix qui éclaire le chemin telle une lampe allumée dans l’attente du retour de l’Époux. Demain, la Coupe du monde commence, et beaucoup suivront les matchs. Le football nous rappelle une chose que nous ne devons pas oublier : la vie n’est pas une course où l’on cherche à briller en solitaire, mais un chemin que l’on apprend à parcourir ensemble. Celui qui ne sait pas faire une passe, même s’il a du talent, n’a pas encore compris le jeu. Et celui qui ne sait pas vivre avec les autres et pour les autres, n’a pas encore compris la vie. Le chrétien, en plus d’être bienveillant et aimable, doit être compatissant, aimer sans arrière-pensée et rechercher le bien des autres, sachant que, dans chaque frère et sœur qui souffre, c’est le Seigneur lui-même qui demande et reçoit, qui est accueilli ou rejeté, aimé ou méprisé. Demandons à Marie, Reine de la paix, de nous enseigner à renoncer aux paroles blessantes, au jugement hâtif, aux médisances et aux calomnies. Et qu’elle nous apprenne à préserver et à cultiver l’amour au sein de la famille, entre amis, sur le lieu de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques et au sein des communautés chrétiennes, afin que la haine cède la place à l’espérance et à la paix. Tout être humain est digne du simple fait d’avoir été voulu, créé et aimé par Dieu. Il n’existe aucune situation qui puisse détourner de nous le regard du Seigneur. C’est une vérité réconfortante qui nous accompagne à chaque instant et qui nous rappelle que son amour miséricordieux dépasse toujours le bien ou le mal que nous avons pu faire. Dieu t’aime tel que tu es, mais il te veut meilleur ! Le Seigneur nous permet à tous de repartir sans cesse à zéro, car être humain et être chrétien ne consiste pas à ne pas se tromper, mais à grandir dans la capacité de se convertir, de se repentir, de se corriger et, surtout, de se réconcilier et de pardonner. Faisons de la place au Seigneur dans notre cœur et cherchons sa face. Laissons-nous accompagner par son amour. Accrochons-nous à Lui qui nous invite sans cesse à l’espérance et nous montre un horizon merveilleux qu’aucune barrière physique ne peut nous empêcher d’atteindre. Aujourd’hui encore Il continue de nous parler au plus profond de notre conscience pour nous faire découvrir qu’Il a sa demeure parmi nous. Il attend simplement que nous lui donnions une occasion.
Il nous arrive parfois de traverser la nuit de la foi, de ressentir la lassitude de croire, la fatigue de l’esprit, le sentiment de n’être pas à la hauteur face à l’appel de l’Évangile, l’amertume de nos échecs. Ces nuits sont un lieu de bénédiction, un espace où renaître. Lorsque les personnes apprennent à s’arrêter, à donner de la valeur aux choses importantes, à apprécier le temps d’une manière nouvelle et à réfléchir à leur propre vie en se laissant éclairer par l’Évangile, elles développent également un esprit critique à l’égard d’un système social qui ne place pas la personne au centre et provoque des situations d’injustice et de pauvreté existentielles à divers niveaux. C’est pourquoi l’inquiétude fait peur, tout comme la découverte de l’intériorité, de la spiritualité et, plus encore, de l’Évangile. Dans un monde déchiré par les guerres et les divisions, dans une société de plus en plus fragmentée et individualiste, nous voulons être des “martyrs”, c’est-à-dire des témoins et des prophètes d’unité, d’accueil, de concorde et de paix, même au prix de sacrifices et de renoncements. Nous voulons dire notre “oui”, prêts, si nécessaire, à mourir à nous-mêmes, à nous perdre pour nous retrouver, à renoncer au superflu pour construire sur ce qui est essentiel et dure pour toujours (cf. Mt 16, 24-26). La gratuité est un levain qui fait grandir la qualité humaine, éthique et spirituelle d’une société, car on pourrait dire qu’elle est un trait typique de la « cité de Dieu ». Dans un monde continuellement influencé par la logique de l’intérêt et du profit, où le terme « croissance » se réduit à la dimension économique et financière, il est nécessaire de penser et de vivre selon la logique la plus vraie, c’est-à-dire celle d’une croissance humaine intégrale. La bonté, même si elle ne vient que de quelques-uns, peut vaincre la peur de beaucoup. Soyez, pour tous, comme une Bible ouverte : que l’on puisse trouver la Parole de Dieu sur vos visages et dans votre vie. L’amour, en effet, est le langage qui fait que tous se sentent chez eux. Le cœur humain ne se comble pas en accumulant des expériences, des possibilités ou des certitudes provisoires. Il se comble lorsqu’il découvre un appel, lorsqu’il comprend que la vie n’atteint sa plénitude que si elle est donnée. Suivre le Christ n’appauvrit pas l’existence, mais l’enrichit. Toute société véritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne peut être subordonnée à des consensus sociaux. Elle appartient à tout être humain du simple fait qu’il existe, et c’est pourquoi elle doit guider tout ordre juridique positif. Lorsque cette conviction reste vivante, le droit devient une protection pour tous et une garantie face à l’imposition d’intérêts et d’agendas particuliers. Je vous invite à devenir de nouveaux fils afin de tisser de nouveaux réseaux qui harmonisent tous les domaines de la vie, et de construire une société renouvelée où le temps s’imprègne d’éternité, où la culture préserve la mémoire et favorise le dialogue, où l’éducation promeut la recherche de la vérité dans un esprit critique, où l’art suscite l’émerveillement et génère des émotions nobles, où l’entreprise reconnaît la dignité de la personne et où le travail reste un moteur d’espérance. Le Corpus Christi n’est pas une fête de plus dans le calendrier liturgique, mais un retour aux racines de la foi pour renouveler l’amour et la fidélité à Dieu. Il s’agit de la foi en la présence du Seigneur ressuscité, qui est vivant et continue de passer au milieu de nous, qui se fait pain pour notre faim de vie et visite les recoins de notre cœur et de notre histoire, même les plus sombres. Il ne s’agit pas seulement de sortir l’ostensoir, mais de sortir nous-mêmes de l’égoïsme, de l’indifférence, d’une foi confortable et privée, pour répondre à son invitation à la conversion, changer notre regard, accueillir sa présence qui nous transforme et fait de nous des bâtisseurs d’un monde nouveau. Pour reconnaître la voix de Dieu, le silence peut avant tout nous aider, car il favorise l’attention et le recueillement. En nous libérant du vacarme de mille voix, nous reconnaissons que certaines trompent nos désirs, d’autres nous achètent sans nous nourrir, d’autres encore parlent par intérêt. Dans le silence, nous comprenons que les idéologies passent, tandis que la vérité demeure. La charité ne tolère aucun retard. Telle est notre responsabilité face à ceux qui sont dans le besoin, une responsabilité qui consacre chaque rencontre avec l’autre comme un moment de grâce unique et irremplaçable pour aimer, à ne pas manquer et à ne pas remettre à plus tard. L’amour du Christ nous pousse vers nos frères, et la charité ainsi que la sollicitude avec lesquelles nous répondons témoignent de notre foi. Je viens en Espagne pour confirmer, encourager et inspirer une fidélité renouvelée des croyants à l’Évangile, ainsi qu’une réconciliation et une coopération plus profondes entre les différentes composantes de cette nation. C’est précisément son histoire, en effet, qui montre que ce n’est pas la culture de l’affrontement, mais celle de la rencontre qui engendre la stabilité et la prospérité. La vérité nous dépasse toujours, et c’est pourquoi elle nous émerveille et nous attire sur des chemins de purification et de réconciliation, où le dialogue avec les autres – et avec l’Autre avec un grand A – devient fondamental. Dans l’Eucharistie, il apparaît clairement que nous sommes l’Église du Christ, que nous sommes ses membres, son corps. Nous sommes frères et sœurs en Lui. Et en Christ, bien que nous soyons nombreux et différents, nous ne formons qu’un : « In Illo uno unum » L’Eucharistie nous ouvre à la justice et au partage, avec une attention préférentielle pour ceux qui portent le fardeau de la pauvreté et de la marginalisation. Tandis que les nouveaux réseaux économiques et technologiques peuvent engendrer exclusion, isolement et dépendances, l’Église nourrie de l’Eucharistie est appelée à rendre visible une autre mesure, en préservant les liens, en redonnant la parole aux personnes invisibles et en orientant les processus vers la dignité des personnes. Dans la liturgie, nous sommes invités à participer — corps, esprit et cœur — et à entrer dans une dimension habitée par le Saint-Esprit. Pour nous permettre d’entrer dans cette dimension, la liturgie est tissée de signes et de symboles qui ont une dimension performative et transformatrice.
Prions ensemble pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures et les nations, et que par lui soient promues des valeurs telles que le respect, la solidarité et le dépassement personnel. L’Évangile est bien plus qu’un livre : c’est la personne même du Christ, une bonne nouvelle pour une humanité désorientée, trompée et déçue par tant de maux. Il apaise notre soif de justice et de vérité et nous insuffle le courage de persévérer dans le bien et de nous mettre au service de notre prochain, en personne. |
{slider Mai 2026 – Rendons hommage aux nombreux journalistes et reporters victimes des guerres et de la violence.}
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En ce mois de mai, l’Église a confié à l’intercession de la Vierge Marie, notamment à travers la prière du Saint Rosaire, les peuples martyrisés par la guerre. Que la Sagesse divine éclaire la conscience de ceux qui détiennent l’autorité et oriente leurs décisions vers la recherche sincère d’une paix juste et durable. Dans le Mystère de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous sommes chez nous, comme Nicodème se sentit chez lui près de Jésus. La vie de Dieu est merveilleuse et captivante, elle apporte la paix à notre cœur, souvent si inquiet, et nous fait rencontrer des frères et sœurs dans la joie de l’Esprit. La vraie paix commence dans un cœur qui aime ; elle se manifeste par des lèvres qui prononcent des paroles de réconciliation ; elle se reflète dans des yeux qui regardent le monde avec douceur et sagesse. Telle est la véritable force, la force de la vérité et de l’amour. Ceux qui ont foi en Dieu comprennent ce message de paix et en deviennent les artisans, la bâtissant de leurs propres mains. Nous vivons à une époque marquée par les guerres, une polarisation croissante et de profondes divisions culturelles et sociales. Pourtant, précisément au cœur de cette fragilité, un nouvel espoir se dessine. Alors même que les divisions semblent s’accentuer, un élément commun émerge et nous unit tous indéniablement : notre humanité partagée. C’est précisément dans les moments difficiles que les êtres humains sont appelés à se confronter à nouveau à ces questions fondamentales qui, au fil des siècles, ont incité d’innombrables générations à une réflexion plus authentique : « Où allons-nous ? Vers quel but voulons-nous nous orienter ? Quelle direction voulons-nous choisir en tant que peuple et en tant que communauté humaine ? » Ces questions expriment la quête de vérité qui réside au cœur de l’être humain et suscitent un désir d’autre chose, une soif de Dieu et de sens durable. Elles témoignent aussi des aspects les plus essentiels de notre humanité : les dons de la raison et de la liberté, que Dieu nous a confiés afin que nous puissions connaître la vérité et adhérer au bien. Lorsque l’être humain est réduit à une performance, une marchandise ou une statistique, une profonde souffrance intérieure surgit inévitablement. De nombreux jeunes vivent aujourd’hui sous le joug des attentes et de la performance, plongés dans une compétitivité exaspérante qui engendre anxiété, peur de ne pas être à la hauteur et désorientation. Cependant, lorsqu’une personne découvre que sa vie a de la valeur, qu’elle est aimée, attendue et appelée à jouer un rôle dans le monde, alors naît l’espoir, une force spirituelle qui soutient la vie, même dans les moments les plus difficiles. Connecter les jeunes aux réseaux numériques ne suffit pas s’ils restent déconnectés d’eux-mêmes, des autres et de leur être intérieur. Nous devons aider les nouvelles générations à redécouvrir le silence, la réflexion, la capacité de poser des questions, la profondeur des relations et l’ouverture à la transcendance. Pour écouter l’âme, il faut tendre l’oreille, car sa voix n’est pas un cri, mais un murmure. L’ IA peut être une aide précieuse et, en même temps, elle exige une approche sobre et vigilante. La vitesse et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais elles peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses toutes faites, affaiblissant le jugement personnel et la créativité. L’impression d’objectivité que les réponses de ces systèmes peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et entraînés. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour – peut être gratifiante, mais elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Dans un contexte pauvre en relations et en affections réelles, le risque est qu’une personne perde le désir même de chercher véritablement l’autre. Les intelligences artificielles ne vivent pas une expérience, ne possèdent pas de corps, ne traversent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne connaissent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas non plus de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas sur elles le poids des conséquences. Elles peuvent imiter, elles peuvent simuler, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. L’évangélisation ne repose pas sur l’efficacité des structures ni sur l’importance sociale, ni même sur le soutien dont on peut bénéficier à un moment donné. Ce qui reste essentiel, c’est plutôt d’avoir confiance en la conduite de l’Esprit Saint, de suivre les chemins qu’Il indique pour conduire de nombreuses personnes vers le Christ, vers sa parole qui sauve, vers son amour qui renouvelle la vie. Le progrès technique, précieux en soi, exige un discernement quant à la vision anthropologique qui le guide et aux fins qu’il poursuit. Si le développement technologique se poursuit sans une maturation éthique et sociale adéquate, il peut arriver que les moyens augmentent sans que l’humanité ne croisse dans la même mesure : on “a plus” mais on “n’est pas plus”, et la personne risque d’être évaluée avant tout en fonction des performances qu’elle garantit. C’est avec inquiétude que je suis la guerre en Ukraine, qui s’est considérablement intensifiée ces derniers jours. Je tiens à exprimer ma solidarité envers tous ceux qui souffrent à la suite des récentes attaques, qui ont également visé des civils. La guerre ne résout pas les problèmes ; elle les exacerbe. Elle n’apporte pas la sécurité ; elle multiplie les souffrances et la haine. Là où tombent les missiles et les drones, les espoirs sont anéantis, les maisons et les lieux de culte sont détruits, et des vies innocentes sont fauchées. Je confie tous les peuples frappés par la guerre à la protection de la Vierge Marie, Reine de la paix. La liturgie a été un moteur d’évangélisation. Aujourd’hui, il faut renouveler cette énergie dans la continuité de la tradition catholique authentique et vivante, c’est-à-dire selon une dynamique visant à introduire les croyants à la plénitude de la vérité. Aujourd’hui, parmi les biens universellement destinés à tous, nous devons également compter les nouvelles formes de propriété : brevets, algorithmes, plateformes numériques, infrastructures technologiques, données. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, sans formes adéquates de partage et d’accès, il se crée un nouveau déséquilibre entre ceux qui peuvent participer à la révolution numérique et ceux qui en restent à l’écart. Dans les choix relatifs aux flux économiques et aux plateformes numériques, dans la gouvernance des données et des algorithmes, on ne peut permettre que seuls quelques acteurs orientent les processus, il faut au contraire construire des formes de coopération qui respectent les différents niveaux de la communauté mondiale et les rendent co-responsables du bien commun. À l’ère du numérique, un ordre social juste est celui qui garantit à tous un accès équitable aux opportunités, protège les plus petits et les plus fragiles, lutte contre la haine et la désinformation, et soumet l’utilisation des données et des technologies à un contrôle public, afin que le critère ne soit pas uniquement le profit, mais la dignité de chaque personne et le bien des peuples. Pour préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, nous devons revenir à une réflexion sur le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice sociale. À l’ère de l’IA où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité qui nous a été donnée et manifestée dans sa plénitude dans le Christ, mais qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. Construire une ville fondée sur le bien commun exige donc, de bâtir sur le roc de la relation avec Dieu. Enfin, édifier dans le bien exige un langage évangélique. Évitons les mots qui humilient ou opposent. Choisissons la lumière qui éclaire et la franchise qui ouvre des voies. Indiquons des critères de discernement – dignité de la personne, destination universelle des biens, option pour les pauvres, soin de la Maison commune, paix – et traduisons-les en pratiques : une approche responsable, des évaluations d’impact humain et social, l’inclusion des plus fragiles, une alphabétisation numérique, une recherche et une industrie orientées vers la justice et la paix. L’Esprit Saint nous interpelle sur notre rapport à la technique et à la révolution numérique en cours. La technologie peut soigner, relier, éduquer, protéger la Maison commune ; mais elle peut aussi diviser, rejeter, engendrer de nouvelles injustices. Évitons donc le “syndrome de Babel” : l’idolâtrie du profit qui sacrifie les plus faibles, l’uniformité qui gomme les différences, la prétention d’un langage unique – y compris numérique – capable de tout traduire, même le mystère de la personne, en données et en performances. C’est là le risque de la déshumanisation – construire l’avenir en excluant Dieu et en réduisant l’autre à un moyen. Il existe néanmoins une possibilité lumineuse : celle de bâtir ensemble, en transformant la diversité en ressource et en faisant de l’écoute comme du dialogue le terrain d’entente sur lequel faire grandir la justice et la fraternité. La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Cette magnifique humanité devient en Jésus-Christ le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie vers la plénitude. Nous célébrons aujourd’hui la Journée de Prière pour l’Église en Chine, en la mémoire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie, Secours des chrétiens, vénérée avec une très grande dévotion au sanctuaire de Sheshan, à Shanghai. Unissons notre prière à celle des catholiques chinois, en signe de notre affection pour eux et de leur communion avec l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre. Que l’intercession de la Reine du Ciel obtienne à la communauté des croyants en Chine la grâce de l’unité et donne à tous la force de témoigner de l’Évangile dans leurs efforts quotidiens, afin d’être une semence d’espérance et de paix. En particulier, j’invoque la paix éternelle pour les victimes de l’accident survenu ces derniers jours dans une mine au Nord de la Chine. Confions également à la Très Sainte Vierge Marie, Secours des chrétiens, les communautés chrétiennes de la Terre Sainte, du Liban et de tout le Moyen-Orient qui souffrent à cause de la guerre. Avec un cœur ardent, prions aujourd’hui pour que l’Esprit du Ressuscité nous sauve du mal de la guerre qui n’est pas vaincue par une superpuissance, mais par la Toute-puissance de l’amour. Prions ensemble pour qu’Il libère l’humanité de la misère qui n’est pas rachetée par une richesse incalculable, mais par un don inépuisable. Sans le feu de l’Esprit, l’Église reste prisonnière de la peur, craintive face aux défis du monde, repliée sur elle-même et incapable d’entrer en dialogue avec une époque en mutation. L’Esprit ouvre les portes de l’Église afin qu’elle soit accueillante envers tous, même envers ceux qui ont fermé leurs portes à Dieu, aux autres, à l’espérance, à la joie de vivre. Le Saint-Esprit ouvre les portes de nos cœurs, en nous aidant à surmonter les résistances, les égoïsmes, les méfiances et les préjugés, et en nous rendant capables de vivre comme des enfants de Dieu et des frères les uns pour les autres.
Apprenons à être riches autrement : plus attentifs aux relations, plus soucieux de valoriser le bien commun, plus attachés au territoire, plus reconnaissants d’accueillir et d’intégrer ceux qui viennent vivre parmi nous. Dans la vie, nous comprenons que plus une beauté est fragile, plus elle exige de soins et de responsabilité. C’est là le sens principal de ma présence aujourd’hui à Acerra : confirmer et encourager ce sursaut de dignité et de responsabilité que tout cœur honnête ressent lorsque la vie germe et est aussitôt menacée par la mort. Nous assistons à une éclipse de notre conception de l’humanité, comme en témoigne l’utilisation effrénée de la technologie au détriment de la dignité humaine. Il est nécessaire de retrouver une compréhension de la véritable signification et de la vraie grandeur de l’humanité, telle que conçue par Dieu. Le défi auquel nous sommes confrontés n’est pas technologique, mais anthropologique, et j’espère que l’encyclique qui paraîtra dans quelques jours contribuera à le relever. Aucune nation, aucune société et aucun ordre international ne peut se dire juste et humain s’il mesure son succès uniquement à l’aune du pouvoir et de la prospérité, en négligeant ceux qui vivent en marge. En effet, l’amour du Christ pour les plus petits et les plus oubliés nous impose de rejeter toute forme d’égoïsme qui laisse les pauvres et les personnes vulnérables dans l’invisibilité. J’invite chacun à prier le Seigneur afin que la visite de Sa Sainteté Aram Ier, Catholicos de l’Église apostolique arménienne du Saint-Siège de Cilicie, constitue une nouvelle étape sur le chemin vers la pleine unité. Prions également pour la paix au Liban et au Moyen-Orient, déchirés de nouveau par la violence et la guerre. La Constitution sur la liturgie sacrée Sacrosanctum Concilium invite l’Église à contempler le mystère du Christ. La liturgie touche en effet au cœur même de ce mystère : elle est à la fois l’espace, le temps et le contexte dans lesquels l’Église reçoit du Christ sa propre vie. n ces jours qui précèdent la solennité de la Pentecôte, alors que nous nous préparons à revivre le mystère du miracle de la descente du Saint-Esprit sur l’Église naissante, Prions ensemble le Saint-Esprit, Seigneur et Donneur de vie, afin qu’il nous accorde le don de l’unité des Chrétiens, qu’il nous donne une paix durable et qu’il renouvelle la face de la terre. Dans de nombreux pays, se tient aujourd’hui la Journée Mondiale des Communications Sociales, que j’ai souhaité consacrer cette année au thème « Préserver les voix et les visages humains ». À l’heure de l’intelligence artificielle, j’encourage chacun à s’engager à promouvoir des formes de communication qui respectent toujours la vérité de l’homme, vers laquelle doit tendre toute innovation technologique. La semaine Laudato si’, consacrée à la sauvegarde de la création et inspirée de l’encyclique du pape François, se déroule de ce jour jusqu’à dimanche prochain. En cette année jubilaire de saint François d’Assise, rappelons-nous son message de paix avec Dieu, avec nos frères et avec toutes les créatures. Malheureusement, ces dernières années, en raison des guerres, les progrès dans ce domaine ont été considérablement ralentis. C’est pourquoi j’encourage les membres du Mouvement Laudato si’ et tous ceux qui œuvrent pour une écologie intégrale à renouveler leur engagement. Prendre soin de la paix, c’est prendre soin de la vie ! L’Ascension ne nous parle pas d’une promesse lointaine, mais d’un lien vivant, qui nous attire, nous aussi, vers la gloire céleste, élargissant et élevant dès cette vie notre horizon et rapprochant toujours davantage notre façon de penser, de ressentir et d’agir à la mesure du cœur de Dieu. À une époque où notre monde est en proie à tant de conflits, notamment au Moyen-Orient, les chrétiens doivent, plus que jamais, œuvrer pour une unité totale afin que nous puissions témoigner ensemble du Prince de la Paix. Ce faisant, nous pouvons avoir confiance dans la puissante intercession et l’exemple des innombrables martyrs qui ont souffert pour le nom du Christ. Quel monde laissons-nous ? Un monde, hélas, déformé par les guerres et les discours belliqueux. C’est une pollution de la raison qui, à l’échelle géopolitique, contamine toutes les relations sociales. La simplification qui engendre l’inimitié doit être corrigée, notamment dans les universités, en entretenant la complexité et un exercice judicieux de la mémoire. Nous devons surveiller de près le développement et l’application des intelligences artificielles dans les domaines militaire et civil, afin qu’elles ne déresponsabilisent pas les choix humains et n’aggravent pas la tragédie des conflits. Ce qui se passe en Ukraine, à Gaza et dans les territoires palestiniens, au Liban et en Iran, illustre l’évolution inhumaine du lien entre guerre et nouvelles technologies, dans une spirale d’anéantissement. Que les études, la recherche et l’investissement s’orientent dans la direction opposée : qu’ils soient un « oui » radical à la vie ! Oui à la vie innocente, oui à la vie jeune, oui à la vie des peuples qui réclament la paix et la justice ! Aujourd’hui, fête liturgique de Notre Dame de Fatima, tournons notre regard vers le Sanctuaire, où la Vierge Marie a délivré un message de paix aux trois petits bergers. Confions au Cœur Immaculé de Marie le cri de paix et d’harmonie qui s’élève en chaque partie du monde, particulièrement le cri des peuples affligés par la guerre. Marie est la mère de toute l’Église, qui peut se tourner vers elle avec une confiance filiale, certaine d’être entendue, protégée et aimée. ’ai appris avec inquiétude les nouvelles concernant la recrudescence des violences dans la région du Sahel, en particulier au Tchad et au Mali, touchés par de récentes attaques terroristes. J’assure de mes prières les victimes et exprime ma solidarité envers tous ceux qui souffrent. Je souhaite que toute forme de violence cesse et j’encourage tous les efforts en faveur de la paix et du développement dans cette terre bien-aimée. Le Seigneur nous commande de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés (cf. Jn 13, 34) : c’est l’amour de Jésus qui fait naître l’amour en nous. Le Christ lui-même est la référence du véritable amour : cet amour fidèle pour toujours, pur et inconditionnel, cet amour qui se donne sans vouloir posséder. La paix naît dans le cœur de l’homme, se transmet à travers les relations, s’enracine dans les quartiers et les banlieues, puis s’étend jusqu’à embrasser toute la ville et le monde entier. La paix se construit en promouvant une culture alternative à la violence, à travers des gestes quotidiens, des parcours éducatifs et des choix concrets en faveur de la justice. Vous faites partie d’une histoire d’amour – celle du Seigneur pour son peuple – qui a commencé avant vous et ne s’achève pas avec vous ; vous en faites partie en tant que maillons uniques et indispensables ; vous en faites partie pour que, même au cœur de l’obscurité la plus profonde, vous puissiez allumer une lumière. Il y a exactement un an, lorsque m’a été confié le ministère de Successeur de Pierre, c’était justement le jour de la Supplication à la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi. Je devais donc venir ici, pour placer mon service sous la protection de la Sainte Vierge.
Peuple de Dieu en pèlerinage, l’Église interprète l’histoire à la lumière de l’Évangile et condamne fermement toute forme de mal. Parallèlement, elle reconnaît la nécessité d’une conversion permanente pour accomplir pleinement sa mission. Membres d’un même Corps, nous sommes nous aussi appelés au renouveau.
« Ayez la foi », nous dit Jésus dans Jean 14, 1-12. Voilà le secret ! C’est précisément cette foi qui libère notre cœur de l’angoisse de posséder et d’obtenir, de l’illusion de courir après une place prestigieuse pour avoir de la valeur. Chacun a déjà une valeur infinie dans le mystère de Dieu. |
{slider Avril 2026 – Ni dans le domaine pastoral, ni dans le domaine social et politique, le bien ne peut naître de l’abus de pouvoir.}
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Prions ensemble pour que chacun, des grands producteurs aux petits consommateurs, s’engage à éviter le gaspillage alimentaire et pour que chacun ait accès à une alimentation de qualité. Dès le début de mon pontificat, j’ai pensé à un voyage en Afrique. Je remercie le Seigneur de m’avoir permis de l’accomplir, en tant que Pasteur, pour rencontrer et encourager le peuple de Dieu ; et aussi de le vivre comme un message de paix à un moment historique marqué par des guerres et par de graves et fréquentes violations du droit international. La visite du Pape est, pour les populations africaines, l’occasion de faire entendre leur voix, d’exprimer la joie d’être peuple de Dieu et l’espérance d’un avenir meilleur, de dignité pour chacun et pour tous. Je suis heureux de leur avoir donné cette possibilité, et en même temps je remercie le Seigneur pour ce qu’ils m’ont donné, une richesse inestimable pour mon cœur et mon ministère. Avant même d’essayer de construire la paix par nos propres moyens, face à ceux qui ne la recherchent pas comme un don de Dieu, notre mission nous appelle à en être des « ponts » et des « canaux », afin que la grâce qui vient du ciel puisse se frayer un chemin à travers les méandres de l’histoire. Alors que notre monde en souffrance a profondément besoin de la paix du Christ, les divisions entre chrétiens affaiblissent notre capacité à être des porteurs efficaces de cette paix. Si nous voulons que le monde prenne à cœur notre prédication, nous devons donc être constants dans nos prières et dans nos efforts pour éliminer tout obstacle qui entrave la proclamation de l’Évangile. Nous commémorons aujourd’hui le 40e anniversaire du tragique accident de Tchernobyl, qui a marqué la conscience de l’humanité. Il reste un avertissement quant aux risques inhérents à l’utilisation de technologies toujours plus puissantes. Confions à la miséricorde de Dieu les victimes et tous ceux qui en subissent encore les conséquences. Je souhaite que, à tous les niveaux décisionnels, le discernement et la responsabilité prévalent, afin que l’utilisation de l’énergie atomique soit toujours au service de la vie et de la paix. C’est l’Esprit Saint qui unit les personnes et les vocations dans la liberté, afin que personne ne vive plus pour lui-même. Le dimanche – chaque dimanche – nous appelle à sortir du « tombeau » de l’isolement, de la fermeture pour que nous nous rencontrions dans le jardin de la communion dont le Ressuscité est le gardien. L’Evangile du jour (Jn 10,1-10) nous invite à faire confiance au Seigneur : il ne vient pas pour nous voler quoi que ce soit, bien au contraire, c’est le Bon Pasteur, qui multiplie la vie et nous l’offre en abondance. Être chrétien en politique ne signifie pas être confessionnel, mais laisser l’Évangile éclairer les décisions qui doivent être prises, même celles qui ne semblent pas recueillir un consensus facile. On pourrait dire qu’à l’ère du « triomphe numérique », l’action politique véritablement orientée vers le bien commun nécessite un retour à l’« analogique ». C’est peut-être là le véritable antidote à une politique souvent bruyante, faite uniquement de slogans, incapable de répondre aux besoins réels des gens. Enseigner, c’est former les personnes à l’écoute de leur cœur, et par là même à la liberté intérieure et à la capacité de réflexion critique, selon des dynamiques où la foi et la raison ne s’ignorent pas, ni ne s’opposent, mais sont des compagnes de route dans la recherche humble et sincère de la vérité.
Je quitte l’Afrique avec un trésor inestimable de foi, d’espérance et de charité : un trésor fait d’histoires, de visages, de témoignages joyeux et douloureux qui enrichissent grandement ma vie et mon ministère de successeur de Pierre. Comme aux premiers siècles de l’Église, l’Afrique est appelée à apporter aujourd’hui une contribution décisive à la sainteté et au caractère missionnaire du peuple chrétien.
S’en remettre à la volonté de Dieu apporte joie et profonde sérénité. Une vie donnée à Dieu est une vie heureuse, qui se renouvelle chaque jour dans la prière, les sacrements et la rencontre avec les frères et sœurs que le Seigneur met sur notre chemin. Personne n’est exclu de l’amour de Dieu ! Chacun de nous, avec son histoire, ses erreurs et ses souffrances, continue d’être précieux aux yeux du Seigneur. Jésus nous l’a révélé à chaque rencontre, dans chaque geste et parole. Il nous a aimés jusqu’au bout, montrant qu’il croyait en la possibilité que l’amour puisse changer même le cœur le plus endurci. Aujourd’hui, on a soif d’avenir, mais d’un avenir plein d’espérance, capable de générer une nouvelle justice, capable de porter des fruits de paix et de fraternité. Et il ne s’agit pas d’un avenir inconnu, que nous devons attendre passivement, mais d’un avenir que nous sommes appelés à construire nous-mêmes, avec la grâce de Dieu. Nous devons devenir de plus en plus une société où chacun, selon ses différentes responsabilités, œuvre au service du bien commun et non d’intérêts particuliers, en surmontant les inégalités entre privilégiés et défavorisés. Que les espaces de liberté s’élargissent, que la dignité de la personne humaine soit toujours préservée. Il faut des chrétiens qui prennent en main le destin de leurs pays. C’est pourquoi je voudrais vous encourager : n’ayez pas peur d’annoncer et de témoigner de l’Évangile ! Soyez vous-mêmes les bâtisseurs d’un avenir d’espérance, de paix et de réconciliation ! La vérité s’offre comme une réalité qui précède l’homme, lui parle et l’appelle à sortir de lui-même, et c’est pourquoi elle peut être recherchée avec confiance. La foi, loin de mettre fin à cette recherche, la purifie de toute autosuffisance et l’ouvre à une plénitude vers laquelle la raison tend, même si elle ne peut la saisir complètement. Il est en effet encore plus évident aujourd’hui, qu’il y a quelques années, que la prolifération des conflits armés a parmi ses principales motivations la colonisation des gisements pétroliers et miniers, au mépris du droit international et de l’autodétermination des peuples. Sans un changement de cap dans l’exercice de la responsabilité politique et sans respect des institutions et des accords internationaux, le destin de l’humanité risque d’être tragiquement compromis. Dieu ne veut pas cela. Son Saint Nom ne peut être profané par la volonté de domination, l’arrogance et la discrimination : surtout, il ne doit jamais être invoqué pour justifier des choix et des actions de mort. En ce premier anniversaire de la naissance au ciel de notre cher pape François, ses paroles et ses gestes demeurent gravés dans nos cœurs. Perpétuons son héritage en proclamant sans cesse la joie de l’Évangile, en annonçant la miséricorde de Dieu et en promouvant la fraternité entre tous les hommes et toutes les femmes. Le Seigneur vous offre la joie d’être ses disciples-missionnaires, la force de vaincre les ruses du malin, l’espérance de la vie éternelle. Tout cela vous appartient, tout cela est don. Un don qui ennoblit et rend grands, qui engage et responsabilise. Et le don le plus grand est l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par les tyrans et trompés par la richesse. Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns. Face à ces maux, le Christ écoute le cri des peuples et renouvelle notre histoire : de chaque chute, il nous relève ; dans chaque souffrance, il nous réconforte ; dans la mission, il nous encourage. Lorsque le Fils de Dieu s’incarne, il pose des gestes éloquents pour manifester la volonté du Père : il éclaire les ténèbres en rendant la vue aux aveugles, il donne la parole aux opprimés en déliant la langue des muets, il rassasie notre faim de justice en multipliant le pain pour les pauvres et les faibles. Quiconque entend parler de ces œuvres se met à la recherche de Jésus. Le Christ nous appelle à la liberté : il ne veut ni serviteurs ni clients, mais il cherche des frères et sœurs auxquels se dévouer de tout son être. Pour répondre avec foi à cet amour, il ne suffit pas d’entendre parler de Jésus : il faut accueillir le sens de ses paroles. Il ne suffit pas non plus de voir ce que Jésus fait : il faut suivre et imiter son initiative. La prise en charge des personnes fragiles est un signe très important de la qualité de la vie sociale d’un pays. Et n’oublions pas : les personnes âgées ne doivent pas seulement être aidées, elles doivent avant tout être écoutées, car elles sont les gardiennes de la sagesse d’un peuple. Et nous leur devons de la reconnaissance, car elles ont affronté de grandes difficultés pour le bien de la communauté. Une mère aime tous ses enfants, bien qu’ils soient différents les uns des autres, de la même manière et de tout son cœur. Nous aussi, devant la Mère de notre cœur, nous voulons promettre de faire de même, en nous dévouant sans réserve pour que personne ne manque d’amour, et avec lui, du nécessaire pour vivre dignement et être heureux : pour que ceux qui ont faim aient de quoi se nourrir, pour que tous les malades puissent recevoir les soins nécessaires, pour que les enfants aient accès à une Instruction adéquate, pour que les personnes âgées puissent vivre sereinement leurs années de vieillesse. Je déplore profondément la récente intensification des attaques contre l’Ukraine, qui continuent de frapper également les civils. J’exprime ma proximité à ceux qui souffrent et j’assure de mes prières tout le peuple ukrainien. Je renouvelle l’appel à faire taire les armes et à poursuivre la voie du dialogue. La trêve annoncée au Liban est en revanche un motif d’espérance, elle représente le germe d’un soulagement pour le peuple libanais et pour le Levant. J’encourage ceux qui œuvrent en faveur d’une solution diplomatique à poursuivre les pourparlers de paix, afin de rendre permanente la cessation des hostilités dans tout le Moyen-Orient. Aujourd’hui, il faut regarder l’avenir avec espérance et construire l’espérance de l’avenir. N’ayez pas peur de le faire ! Jésus Ressuscité, qui chemine avec vous et qui, pour vous, se donne comme le pain, vous encourage à être les témoins de sa résurrection et les acteurs d’une nouvelle humanité et d’une nouvelle société. Si les deux disciples d’Emmaüs reconnaissent Jésus lorsqu’il rompt le pain pour eux, cela signifie que nous devons nous aussi le reconnaître ainsi : non seulement dans l’Eucharistie, mais partout où une vie se fait pain rompu, partout où quelqu’un se fait don de compassion à l’instar de Lui. Par la grâce du Christ Ressuscité, nous pouvons devenir ce pain rompu qui transforme la réalité.
Chacun se réjouit en mettant à profit ses capacités relationnelles, en prenant conscience de contribuer au bien commun et en se voyant reconnu comme une personne unique et digne, au sein d’une communauté de rencontres qui se multiplient et élargissent l’esprit. Sans joie il n’y a pas de renouveau ; sans intériorité il n’y a pas de libération ; sans rencontre il n’y a pas de politique ; sans l’autre il n’y a pas de justice. Je souhaite encourager ceux qui ont déjà choisi le bien, la justice, la paix, la tolérance, la réconciliation. En même temps, avec des millions d’hommes et de femmes de bonne volonté, j’entends aussi invoquer la conversion de ceux qui choisissent des voies opposées et font obstacle à son développement harmonieux et fraternel. L’Afrique est pour le monde entier une source de joie et d’espérance, car ses jeunes et ses pauvres rêvent encore, espèrent encore, ne se contentent pas de ce qui existe déjà, souhaitent se relever, se préparer à assumer de grandes responsabilités, s’engager personnellement. Le désir d’infini qui habite le cœur humain est un principe de transformation sociale plus profond que n’importe quel programme politique ou culturel. Je suis très reconnaissant envers le peuple du Cameroun pour l’accueil qu’il m’a réservé et pour les moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble. Gardons vivant dans nos cœurs le souvenir de ces beaux moments ; et même dans les difficultés, continuons à faire de la place à Jésus, en nous laissant éclairer et renouveler chaque jour par sa présence. Dans les moments où nous avons l’impression de nous enfoncer, submergés par des forces adverses, quand tout semble sombre et que nous nous sentons seuls et fragiles, Jésus est avec nous, toujours, plus fort que toute puissance du mal ; dans chaque tempête, il nous rejoint et nous redit : « Je suis là avec toi : n’aie pas peur ». C’est pourquoi nous nous relevons après chaque chute, et nous ne nous laissons arrêter par aucune tempête, mais nous allons de l’avant, avec courage et confiance, toujours. La foi ne sépare pas le spirituel du social ; au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles. Le salut d’une communauté passe par une décision commune qui intègre la dimension spirituelle et éthique de l’Évangile au cœur des institutions et des structures, en en faisant des instruments pour le bien commun, et non des lieux d’intérêts, de conflits, ou le théâtre de luttes stériles. L’ Université catholique peut former les pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique. C’est un service rendu à la vérité et à l’humanité tout entière. Sans cet effort éducatif, l’adaptation passive aux logiques dominantes sera considérée comme une compétence, et la perte de liberté comme un progrès. Dans les environnements numériques, structurés pour persuader, l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue. L’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et la relation réduite à une réponse fonctionnelle. Chers amis, vous, en revanche, vous êtes des personnes réelles ! La création elle-même a un corps, un souffle, une vie qui doit être écoutée et à préservée. Lorsque la simulation devient la norme, la capacité humaine de discernement est diminuée et nos liens sociaux s’enferment dans des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus au réel. Nous vivons alors comme dans des bulles imperméables les unes aux autres, nous nous sentons menacés par quiconque est différent et nous nous déshabituons à la rencontre et au dialogue. C’est ainsi que se propagent la polarisation, les conflits, les peurs et la violence. Ce n’est pas un simple risque d’erreur qui est en jeu, mais une transformation du rapport même à la vérité. Il y a du pain pour tous s’il est pris, non par une main qui s’empare, mais par une main qui donne. Ce faisant, la nourriture abonde : elle n’est pas rationnée pour cause d’urgence, elle n’est pas volée par ceux qui se disputent, elle n’est pas gaspillée par ceux qui mangent à leur faim alors que d’autres n’ont rien à manger. Tout geste de solidarité et de pardon, toute initiative pour le bien est une bouchée de pain pour l’humanité qui a besoin d’attention. Et pourtant, cela ne suffit pas. À la nourriture qui nourrit le corps, il faut joindre en effet, avec la même charité, la nourriture de l’âme qui nourrit notre conscience, nous soutient dans les heures sombres de la peur, dans les ténèbres de la souffrance. Cette nourriture, c’est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie en chemin par son Corps. C’est le moment de changer, de transformer l’histoire du Cameroun. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur, l’heure est venue de reconstruire, de recomposer la mosaïque de l’unité en rassemblant les diversités et les richesses du pays et du continent, d’édifier une société où règnent la paix et la réconciliation. Celui qui obéit à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5, 29) et à la façon humaine et terrestre de penser, retrouve sa liberté intérieure, parvient à découvrir la valeur du bien et à ne pas se résigner au mal, redécouvre le chemin de la vie, devient un artisan de paix et de fraternité. La Parole du Seigneur ouvre de nouveaux horizons et engendre transformation et guérison, car elle est capable de mettre le cœur en mouvement, de bouleverser le cours normal des choses auquel nous risquons facilement de nous habituer, de faire de nous des acteurs actifs du changement. Souvenons-nous de ceci : Dieu est nouveauté, Dieu crée des choses nouvelles, Dieu fait de nous des personnes courageuses qui, en défiant le mal, construisent le bien. Malheur à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins militaires, économiques et politiques, en traînant ce qui est saint dans ce qu’il y a de plus sale et de plus ténébreux ! La paix ne s’invente pas: elle s’accueille, en accueillant son prochain comme un frère et une sœur. Personne ne choisit ses frères et ses sœurs : il nous suffit de nous accueillir les uns les autres ! Nous formons une seule famille et habitons la même maison, cette merveilleuse planète dont les cultures anciennes ont pris soin pendant des millénaires. Nous sommes tous les gardiens de nos frères et de nos sœurs et dans la grande famille de Dieu, personne n’est jamais étranger ou oublié, aussi petit soit-il. Les jeunes représentent l’espérance du pays et de l’Église. Investir dans l’éducation, dans la formation et dans l’esprit d’entreprise des jeunes est donc un choix stratégique pour la paix. C’est aussi le seul moyen de lutter contre les fléaux de la drogue, de la prostitution et de la torpeur qui dévastent trop de jeunes vies, de manière toujours plus dramatique. La paix est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement «aime ton prochain comme toi-même» s’applique également aux relations internationales ! Rejetons la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice. Une paix désarmée, c’est-à-dire qui n’est pas fondée sur la peur, la menace ou les armements ; et désarmante, car capable de résoudre les conflits, d’ouvrir les cœurs et de susciter la confiance, l’empathie et l’espérance. Je le répète avec force : « Le monde a soif de paix ! Assez de guerres, avec leur douloureux cortège de morts, de destructions, d’exilés ». Notre vie peut-elle vraiment recommencer complètement ? Oui ! Cette affirmation du Seigneur, si pleine d’amour, remplit nos cœurs d’espérance. Peu importe à quel point nous sommes accablés par la douleur ou le péché : le Crucifié porte tous ces fardeaux avec nous et pour nous. Peu importe à quel point nous sommes découragés par nos faiblesses : c’est précisément là que se manifeste la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d’entre les morts pour donner la vie au monde. Chacun de nous peut faire l’expérience de la liberté de la vie nouvelle qui vient de la foi dans le Rédempteur. Le cœur de Dieu est déchiré par les guerres, les violences, les injustices et les mensonges. Mais le cœur de notre Père n’est pas avec les méchants, les tyrans, les orgueilleux : le cœur de Dieu est avec les petits et les humbles, et il fait avancer avec eux son Royaume d’amour et de paix, jour après jour. Là où il y a de l’amour et du service, Dieu s’y trouve. Sous le manteau de Notre-Dame d’Afrique, se construit la communion entre chrétiens et musulmans. Ici, en Algérie, l’amour maternel de Lalla Meryem rassemble tous comme des enfants, chacun riche de sa diversité, unis par la même aspiration à la dignité, à l’amour, à la justice et à la paix. Dans un monde où les divisions et les guerres sèment la douleur et la mort, cette vie dans l’unité et la paix est un signe fort. Nous avons besoin les uns des autres, et nous avons besoin de Dieu. Reconnaître notre fragilité ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir : la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la véritable paix. L’avenir appartient aux hommes et aux femmes de paix. En fin de compte, la justice triomphera toujours de l’injustice, tout comme la violence, au-delà des apparences, n’aura jamais le dernier mot. Partager ce que l’on a est une question de justice. Est injuste celui qui accumule des richesses et reste indifférent aux autres. Cette vision de la justice est simple et radicale : elle reconnaît en l’autre l’image de Dieu. Une religion sans miséricorde et une vie sociale sans solidarité sont un scandale aux yeux de Dieu. Depuis des millénaires, la mer et le désert sont des lieux d’enrichissement mutuel entre les peuples et les cultures. Malheur à nous si nous en faisons des cimetières où meurt aussi l’espérance ! Libérons du mal ces immenses réservoirs d’histoire et d’avenir ! Dénonçons et éradiquons les causes du désespoir, combattons ceux qui tirent profit du malheur d’autrui ! Aujourd’hui, de nombreuses Églises orientales célèbrent Pâques selon le calendrier julien. À toutes ces communautés, j’adresse mes vœux les plus cordiaux de paix, dans la communion de foi au Seigneur Ressuscité. Prions ensemble pour tous ceux qui souffrent à cause de la guerre, en particulier pour le cher peuple ukrainien. Que la lumière du Christ apporte du réconfort aux cœurs affligés et renforce l’espérance de paix. Que l’attention de la communauté internationale ne faiblisse pas face au drame de cette guerre ! Je suis également plus que jamais proche du cher peuple libanais en ces jours de douleur, de peur et d’espérance inébranlable en Dieu. Le principe d’humanité, inscrit dans la conscience de chaque personne et reconnu par le droit international, implique l’obligation morale de protéger la population civile contre les effets atroces de la guerre. J’appelle les parties au conflit à cesser le feu et à rechercher d’urgence une solution pacifique. Mercredi prochain marquera le troisième anniversaire du début du conflit sanglant au Soudan. Combien souffre le peuple soudanais, victime innocente de ce drame inhumain ! Je renouvelle mon appel pressant aux parties belligérantes afin qu’elles fassent taire les armes et entament, sans conditions préalables, un dialogue sincère visant à mettre fin au plus vite à cette guerre fratricide. L’Eucharistie dominicale est indispensable à la vie chrétienne. C’est là que notre foi se nourrit et grandit. C’est là que nos efforts, bien que limités, par la grâce de Dieu, se fondent comme les actions des membres d’un seul corps – le Corps du Christ – dans la réalisation d’un seul grand projet de salut qui embrasse toute l’humanité. Il n’est pas toujours facile de croire. Cela n’a pas été facile pour Thomas, et ce n’est pas facile pour nous non plus. La foi a besoin d’être nourrie et soutenue. C’est pourquoi, le “huitième jour”, c’est-à-dire chaque dimanche, l’Église nous invite à faire comme les premiers disciples : à nous réunir et à célébrer ensemble l’Eucharistie. La prière nous éduque à agir. Les possibilités humaines limitées s’unissent, dans la prière, aux possibilités infinies de Dieu. Les pensées, les paroles et les actes brisent alors la chaîne démoniaque du mal et se mettent au service du Royaume de Dieu : un Royaume où il n’y a ni épée, ni drone, ni vengeance, ni banalisation du mal, ni profit injuste, mais seulement dignité, compréhension et pardon. Celui qui prie a conscience de ses limites, il ne tue pas et ne menace pas de mort. Au contraire, est asservi à la mort celui qui a tourné le dos au Dieu vivant, pour faire de lui-même et de son propre pouvoir l’idole muette, aveugle et sourde (Ps 115, 4-8), à laquelle sacrifier toute valeur et exiger que le monde entier plie le genou. Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. La guerre divise, l’espérance unit. La tyrannie piétine, l’amour élève. L’idolâtrie aveugle, le Dieu vivant éclaire. Il suffit d’un peu de foi, d’une miette de foi, pour affronter ensemble, comme humanité et avec humanité, cette heure dramatique de l’histoire. Je renouvelle à tous l’invitation à se joindre à moi pour la veillée de prière pour la paix, que nous célébrerons dans la basilique Saint-Pierre à 18h00, heure de Rome. Des centaines de millions de personnes à travers le monde sont plongées dans l’extrême pauvreté. Pourtant, une richesse disproportionnée demeure concentrée entre les mains d’une minorité. Cette situation est injuste et nous oblige à la remettre en question et à nous engager à la changer. La source de ces inégalités n’est pas un manque de ressources, mais la nécessité de s’attaquer aux problèmes, pourtant solubles, liés à leur répartition plus équitable, ce qui doit se faire avec intégrité et honnêteté. En ces temps-ci, une violence absurde et inhumaine sévit avec une férocité sans nom dans les lieux sacrés de l’Orient chrétien, profanés par le blasphème de la guerre et la brutalité du commerce, sans aucun égard pour la vie humaine, considérée au mieux comme un simple sous-produit de leurs propres intérêts. Mais aucun intérêt ne saurait justifier la vie des plus faibles, des enfants, des familles ; aucune cause ne saurait justifier le versement du sang innocent. Dieu ne bénit aucun conflit. Qui est disciple du Christ, prince de la paix, ne se range jamais du côté de celui qui, hier, brandissait l’épée et aujourd’hui lance des bombes. Ce ne seront pas les actions militaires qui créeront des espaces de liberté ou des temps de paix, mais seulement la patiente promotion de la coexistence et du dialogue entre les peuples. J’invite chacun à accompagner cette période délicate de travail diplomatique par la prière, en espérant que la volonté de dialoguer puisse devenir l’instrument permettant de résoudre les autres situations de conflit dans le monde. Suite à ces dernières heures de grande tension au Moyen Orient et dans le monde entier, j’accueille avec satisfaction et comme un signe d’espérance l’annonce d’un cessez-le-feu immédiat de deux semaines. Seul le retour aux négociations permettra de mettre fin à la guerre. Il n’est aucune expérience humaine que Dieu ne rachète : même la souffrance, vécue en union avec la Passion du Seigneur, devient un chemin vers la sainteté. La grâce qui convertit et transforme la vie nous fortifie ainsi dans chaque épreuve, nous indiquant pour but non pas un idéal lointain, mais la rencontre avec Dieu, qui s’est fait homme par amour. Annoncer, en paroles et en actes, la Pâque du Christ, c’est redonner une voix à l’espérance, qui serait autrement étouffée entre les mains des violents. Lorsque la Bonne Nouvelle est proclamée dans le monde, elle éclaire toutes les ombres, en tout temps. Avec une affection particulière, à la lumière du Ressuscité, nous nous souvenons aujourd’hui du Pape François qui, le lundi de Pâques de l’année dernière, a rendu sa vie au Seigneur. Souvent le récit de la vérité est occulté par les fake news, comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire par des mensonges, des insinuations et des accusations sans fondement. Face à ces obstacles, cependant, la vérité ne reste pas cachée, bien au contraire : elle vient à notre rencontre, vivante et rayonnante, illuminant les ténèbres les plus épaisses. L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 28, 8-15) nous demande de choisir entre deux récits : celui des femmes, qui ont rencontré le Ressuscité (v. 9-11), ou celui des gardes, qui ont été soudoyés par les chefs du Sanhédrin (v. 11-14). D’un même fait, le tombeau vide, jaillissent deux interprétations : l’une est source de vie nouvelle et éternelle, l’autre de mort certaine et définitive. Convertissons-nous à la paix du Christ ! Faisons entendre le cri de paix qui jaillit du cœur ! C’est pourquoi j’invite tout le monde à se joindre à moi pour la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, sur la place Saint-Pierre, samedi prochain, 11 avril. À la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ ! Laissons son immense amour transformer notre cœur ! Que ceux qui tiennent des armes les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer ! Pâques est une victoire : celle de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la haine. Mais comment Jésus a-t-il vaincu triomphé ? Dans ce contexte, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur. Le Seigneur est vivant et reste avec nous. À travers les lueurs de résurrection qui se frayent un chemin dans les ténèbres, Il confie notre cœur à l’espérance qui nous soutient: le pouvoir de la mort n’est pas le destin ultime de notre vie. La mort est toujours à l’affût. Nous la voyons dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts face aux abus qui écrasent les plus faibles, face à l’idolâtrie du profit qui pille les ressources de la terre, face à la violence de la guerre qui tue et détruit. Le Christ est ressuscité d’entre les morts et, avec Lui, nous ressuscitons nous aussi à une vie nouvelle ! Cette annonce pascale embrasse le mystère de notre vie et la destinée de l’histoire, et nous rejoint jusque dans les abîmes de la mort. De nos jours encore, il y a des tombeaux à ouvrir, et souvent les pierres qui les ferment sont si lourdes qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur ; d’autres brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations. Ne nous laissons pas paralyser par elles ! Il s’agit d’une veillée lumineuse, la plus ancienne de la tradition chrétienne, appelée « mère de toutes les veillées ». En elle, nous revivons le souvenir de la victoire du Seigneur de la vie sur la mort et les enfers. Vrai Dieu et vrai homme, le Christ nous donne un exemple de dévouement, de service et d’amour. Nous avons besoin de son exemple pour apprendre à aimer, non pas parce que nous en sommes incapables mais pour nous éduquer nous-mêmes, les uns les autres, à l’amour véritable. Apprendre à agir comme Jésus, Signe que Dieu inscrit dans l’histoire du monde, est la tâche de toute une vie. Jésus purifie non seulement notre image de Dieu des idolâtries et des blasphèmes qui l’ont souillée, mais il purifie notre image de l’homme qui se croit puissant quand il domine, qui veut vaincre en tuant ceux qui lui sont égaux, qui se croit grand quand il est craint. La croix fait partie de la mission. L’occupation impérialiste du monde est interrompue de l’intérieur, la violence qui, jusqu’à aujourd’hui fait loi, est démasquée. Le Messie pauvre, prisonnier, opprimé, plonge dans les ténèbres de la mort, mais c’est ainsi qu’Il met en lumière une création nouvelle. Ni dans le domaine pastoral, ni dans le domaine social et politique, le bien ne peut naître de l’abus de pouvoir. La liberté de Jésus transforme les cœurs, guérit les blessures, embaume et illumine nos visages, réconcilie et rassemble, pardonne et ressuscite. L’Église est présente partout où ses enfants professent et témoignent de l’Évangile : sur les lieux de travail, dans la société civile et dans toutes les relations humaines, là où, par leurs choix, ils montrent la beauté de la vie chrétienne, qui anticipe ici et maintenant la justice et la paix qui seront pleines dans le Royaume de Dieu. |
{slider Mars 2026 – La Transfiguration anticipe la lumière de Pâques.}
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Prions ensemble pour les prêtres qui traversent des moments de crise dans leur vocation, afin qu’ils trouvent l’accompagnement nécessaire et que les communautés les soutiennent avec compréhension et prière. . À travers le Mystère pascal, le Seigneur nous montre que même les circonstances les plus difficiles et les plus éprouvantes peuvent être transformées de l’intérieur par la force de l’amour. La souffrance ne peut pas toujours être évitée ou éliminée, mais on peut y trouver un sens rédempteur qui non seulement rend la dignité perdue, mais ouvre aussi la porte à une vie nouvelle. Je souhaite également confier au Seigneur les marins victimes de la guerre : je prie pour les défunts, pour les blessés et pour leurs proches. La terre, le ciel et la mer ont été créés pour la vie et pour la paix ! Et Prions ensemble pour tous les migrants morts en mer, en particulier pour ceux qui ont perdu la vie ces derniers jours au large de l’île de Crète.. Au début de la Semaine Sainte, nous sommes plus que jamais proches, par la prière, des chrétiens du Moyen-Orient, qui souffrent des conséquences d’un conflit atroce et qui, dans de nombreux cas, ne peuvent vivre pleinement les rites de ces jours saints. Alors même que l’Église contemple le mystère de la Passion du Seigneur, nous ne pouvons oublier ceux qui, aujourd’hui, participent concrètement à sa souffrance. Leur souffrance interpelle la conscience de tous. Élevons notre prière vers le Prince de la paix, afin qu’il soutienne les peuples meurtris par la guerre et ouvre des voies concrètes de réconciliation et de paix.. Nous regardons Jésus, qui se présente comme le Roi de la paix, alors qu’autour de Lui la guerre se prépare. Lui reste ferme dans la douceur, tandis que les autres s’agitent dans la violence. Il s’offre comme une caresse pour l’humanité, tandis que d’autres brandissent épées et bâtons. Dans ses plaies, nous voyons les blessures de tant de femmes et d’hommes d’aujourd’hui. Dans son dernier cri adressé au Père, nous entendons les pleurs de ceux qui sont abattus, le gémissement de douleur de tous ceux qui sont opprimés par la violence et de toutes les victimes de la guerre. Le Christ, Roi de la paix, s’écrie encore depuis sa croix : Dieu est amour ! Ayez pitié ! Déposez les armes, souvenez-vous que vous êtes frères ! Alors que Jésus parcourt le chemin de la croix, nous nous mettons à sa suite, nous suivons ses pas. Et en marchant avec Lui, nous contemplons sa passion pour l’humanité, son cœur qui se brise, sa vie qui se fait un don d’amour. Les guerres qui ensanglantent notre présent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre. Nous avons besoin de la prière, de moments de silence, d’écoute, pour faire taire la frénésie de l’action et de la parole, des messages, des reels, des chats, et pour approfondir et savourer la beauté d’être véritablement et concrètement ensemble avec Dieu et avec les autres. Portez l’Évangile dans vos choix professionnels, dans votre engagement social et politique, pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, en diffusant la culture de l’attention aux autres. Vivez tout comme une mission et faites de toute chose un don à Dieu qui vous veut les uns pour les autres amis dans le Christ, et fidèles compagnons de route. Une foi vivante est toujours prophétique, capable de susciter des questions et de présenter des défis : défendons-nous vraiment l’être humain ? Protégeons-nous la dignité de la personne en préservant la vie à toutes ses étapes ? Le modèle économique et social actuel est-il vraiment juste et empreint de solidarité ? Dans la Bible, ce sont les petits qui font l’Histoire ! Il faut avoir confiance en la providence de Dieu, même lorsque le sentiment d’impuissance ou d’insuffisance prévaut, car nous croyons que le Royaume de Dieu est semblable à une minuscule graine qui devient un arbre. Prions ensemble le Seigneur, afin qu’il envoie à son Église des ministres ardents de charité évangélique, dévoués au bien de tous les baptisés et courageux missionnaires partout dans le monde. Dieu habite notre cœur : la vocation est un dialogue intime avec Lui, qui nous appelle – malgré le bruit parfois assourdissant du monde – en nous invitant à répondre avec une joie et une générosité sincère. Je continue à suivre avec consternation la situation au Moyen-Orient, ainsi que dans d’autres régions du monde déchirées par la guerre et la violence. Nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance de tant de personnes sans défense, victimes de ces conflits. Ce qui les blesse, blesse l’humanité tout entière. La mort et la douleur provoquées par ces guerres sont un scandale pour toute la famille humaine et un cri lancé vers Dieu ! Je réitère avec force l’appel à persévérer dans la prière, afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix fondés sur un dialogue sincère et sur le respect de la dignité de chaque personne humaine. . Jésus nous dit aujourd’hui aussi, comme à Marthe, la sœur de Lazare: « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.». Le jeûne, signe visible de notre engagement intérieur à nous détourner du péché et du mal avec l’aide de la grâce, doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire adopter un mode de vie plus sobre, car seule l’austérité rend la vie chrétienne forte et authentique. Remercions le Seigneur pour les familles qui, malgré les difficultés et les défis, vivent « la spiritualité de l’amour familial est faite de milliers de gestes réels et concrets » Saint-Joseph protégea la famille que le Seigneur lui avait confiée. Protéger signifie rester auprès de l’autre avec attention, respecter ses choix et prendre soin de lui. Saint Joseph nous montre que présence et protection sont des dimensions inséparables : on ne protège pas sans être présent, et l’on n’est pas présent sans assumer la responsabilité de l’autre. Chaque homme et chaque femme, en particulier le chrétien, est appelé à porter son regard sur ceux qui souffrent, sur la douleur des personnes seules, sur ceux qui, pour diverses raisons, sont marginalisés, car sans eux, nous ne pourrons pas construire des sociétés justes. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons construire des communautés solidaires et capables de prendre soin de chacun, au sein desquelles se développent le bien-être et la paix, pour le bien de tous. Prendre soin de l’humanité des autres aide à vivre la sienne. Le Saint-Esprit continue d’accorder des grâces particulières aux fidèles afin d’enrichir et d’édifier le Corps du Christ. Il est important de reconnaître ces multiples dons et d’exprimer notre gratitude à Dieu de nous avoir permis de participer à son œuvre de salut. Dans les circonstances dramatiques de la guerre, l’information doit se garder de risquer de se transformer en propagande. Il incombe aux journalistes de vérifier les informations, afin de ne pas devenir le porte-voix du pouvoir ; et de montrer les souffrances que la guerre inflige toujours aux populations : montrer le visage de la guerre et la raconter à travers le regard des victimes. Au nom des chrétiens du Moyen Orient et de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté, je m’adresse aux responsables de ce conflit : cessez le feu ! Que les voies du dialogue s’ouvrent à nouveau ! La violence ne pourra jamais mener à la justice, à la stabilité et à la paix que les peuples attendent. Face aux nombreuses questions que se pose le cœur humain et aux situations dramatiques d’injustice, de violence et de souffrance qui marquent notre époque, une foi éveillée, attentive et prophétique est nécessaire, une foi qui ouvre les yeux sur les ténèbres du monde et y apporte la lumière de l’Évangile à travers un engagement pour la paix, la justice et la solidarité. L’Evangile du jour nous raconte la guérison d’un homme aveugle de naissance. Nous aussi, guéris par l’amour du Christ, nous sommes appelés à vivre un christianisme “les yeux ouverts”. La justice n’est pas seulement un principe juridique, mais une vertu qui contribue à édifier la communion et à assurer la stabilité de la vie communautaire. L’amour et la vérité ne peuvent être dissociés: ce n’est qu’en aimant que l’on connaît la vérité, et l’amour de la vérité conduit à découvrir la charité comme son accomplissement. Le sacrement de la réconciliation rétablit l’unité avec Dieu, à travers le pardon des péchés et l’infusion de la grâce sanctifiante. Cela génère l’unité intérieure de la personne et l’unité avec l’Église ; par conséquent, cela favorise également la paix et l’unité dans la famille humaine. On pourrait se demander: les chrétiens qui ont de lourdes responsabilités dans les conflits armés ont-ils l’humilité et le courage de faire un sérieux examen de conscience et de se confesser ? L’unité avec Dieu, avec l’Église et en nous-mêmes est une condition préalable à la paix entre les hommes et les peuples: seule une personne réconciliée est capable de vivre de manière désarmée et désarmante ! Celui qui dépose les armes de l’orgueil et se laisse continuellement renouveler par le pardon de Dieu devient un artisan de réconciliation dans la vie de tous les jours. Continuons à prier pour la paix en Iran et dans tout le moyen Orient, en particulier pour les nombreuses victimes civiles, dont beaucoup d’enfants innocents. Que notre prière soit un réconfort pour ceux qui souffrent et une semence d’espérance pour l’avenir. Aujourd’hui, au Liban, ont lieu les funérailles du père Pierre El Raii, curé maronite d’un des villages chrétiens qui, ces jours-ci, vivent une fois de plus le drame de la guerre. Je suis proche de tout le peuple libanais en cette période d’épreuve difficile. Le père Pierre était un véritable pasteur ; dès qu’il a appris que certains paroissiens avaient été blessés par un bombardement, il s’est précipité sans hésiter pour leur venir en aide. Que le Seigneur fasse que son sang versé soit une semence de paix pour le Liban bien-aimé. C’est un grand signe d’espérance – surtout à notre époque, marquée par tant de conflits et de guerres – de savoir que l’Église est un peuple où cohabitent, grâce à la foi, des femmes et des hommes de nationalités, de langues et de cultures différentes : c’est un signe placé au cœur même de l’humanité, un appel et une prophétie de cette unité et de cette paix auxquelles Dieu le Père appelle tous ses enfants. Laissons Dieu nous enseigner aujourd’hui à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que la condition des pauvres représente un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église elle-même. Aujourd’hui, c’est la journée de la femme. Renouvelons notre engagement en faveur de la reconnaissance de l’égale dignité de l’homme et de la femme. Malheureusement, de nombreuses femmes, dès leur enfance, sont encore victimes de discrimination et subissent diverses formes de violence : je leur adresse tout particulièrement ma solidarité et mes prières. De l’Iran et de tout le Moyen Orient continuent d’arriver des nouvelles qui suscitent une profonde consternation et la crainte que le conflit ne s’étende et que d’autres pays de la région, dont le cher Liban, ne sombrent à nouveau dans l’instabilité. Prions ensemble pour que cesse le fracas des bombes, que les armes se taisent et qu’un espace de dialogue s’ouvre, dans lequel la voix des peuples puisse se faire entendre. Il n’y a pas de meilleure manière d’utiliser notre énergie que de la consacrer à libérer notre cœur. C’est pourquoi le Carême est un don. Jésus est la réponse de Dieu à notre soif. La rencontre avec lui active au plus profond de chacun « une source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4, 14). Combien de personnes, dans le monde entier, recherchent encore aujourd’hui cette source spirituelle ! Le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. Il sert à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain. Prions ensemble pour que les nations s’engagent dans un désarmement effectif, en particulier le désarmement nucléaire, et que les dirigeants du monde choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie et non celui de la violence. Composée d’hommes et de femmes, l’Église est divine : malgré notre petitesse et nos limites, soyons toujours des instruments entre les mains de Dieu pour l’édification de son Église. Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. Le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Ces derniers jours, des nouvelles inquiétantes concernant des affrontements entre le Pakistan et l’Afghanistan nous parviennent également. J’élève ma supplique pour un retour urgent au dialogue. Prions ensemble pour que la concorde l’emporte dans tous les conflits du monde. Seule la paix, don de Dieu, peut guérir les blessures entre les peuples. Je suis avec une profonde inquiétude ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient et en Iran, en ces heures dramatiques. La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable. Face à la possibilité d’une tragédie d’une ampleur incommensurable, j’adresse un appel pressant aux parties prenantes pour qu’elles assument leur responsabilité morale et qu’elles mettent fin à la spirale de la violence avant qu’elle ne devienne un gouffre irréparable ! Que la diplomatie retrouve son rôle et que soit promu le bien des peuples qui aspirent à une coexistence pacifique fondée sur la justice. Continuons à prier pour la paix. La Transfiguration anticipe la lumière de Pâques, événement de mort et de résurrection, de ténèbres et de lumière nouvelle que le Christ fait rayonner sur tous les corps flagellés par la violence, sur les corps crucifiés par la douleur, sur les corps abandonnés dans la misère. Le Rédempteur transfigure ainsi les plaies de l’histoire, illuminant notre esprit et notre cœur. |
{slider Février 2026 – Les Béatitudes deviennent pour nous un test du bonheur.}
| J’invite tout le monde à se joindre à la prière pour le peuple ukrainien meurtri et pour tous ceux qui souffrent à cause de cette guerre et de tous les conflits dans le monde, afin que le don tant attendu de la paix puisse briller sur nos jours.
L’Evangile du jour (Mt 4,1-11) nous invite à considérer le Carême comme un chemin lumineux où, par la prière, le jeûne et l’aumône, nous pouvons renouveler notre coopération avec le Seigneur dans la réalisation du chef-d’œuvre unique qu’est notre vie. Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes. Demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération. « Pourquoi les peuples diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? » » (Jl 2, 17). La question du prophète Joël est comme un aiguillon. Elle nous rappelle aussi ces pensées qui nous concernent et qui surgissent chez ceux qui observent le peuple de Dieu de l’extérieur. Le Carême nous incite en effet à ces revirements – ces conversions – dont dépend la crédibilité de notre annonce. Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de résurrection : cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire. Alors, le Triduum pascal, que nous célébrerons au sommet du cheminement du Carême, libérera toute sa beauté et sa signification. Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu. Alors que nous commençons aujourd’hui notre cheminement de Carême, demandons au Seigneur le don d’une véritable conversion du cœur, afin de pouvoir mieux répondre à son amour pour nous et de partager cet amour avec ceux qui nous entourent. Il faut renouer avec l’attitude fondamentale qui consiste à prodiguer des soins en tant que soutien et proximité à l’autre, non seulement parce qu’il se trouve dans une situation de besoin ou de maladie, mais parce qu’il partage une condition existentielle de vulnérabilité, commune à tous les êtres humains. Ce n’est qu’ainsi que nous serons en mesure de développer des systèmes de santé plus efficaces et plus durables. Je suis proche des populations de Madagascar qui ont été frappées, en peu de temps, par deux cyclones, accompagnés d’inondations et de glissements de terrain. Je prie pour les victimes et leurs familles, ainsi que pour tous ceux qui ont subi de graves dommages. L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 5, 17-37) nous offre cet enseignement précieux : une justice minimale ne suffit pas, il faut un grand amour, qui est possible grâce à la force de Dieu. Jésus nous enseigne que la véritable justice est l’amour et que, dans chaque précepte de la Loi, nous devons percevoir une exigence d’amour. Il ne suffit pas de ne pas tuer physiquement une personne, si ensuite je la tue avec des mots ou si je ne respecte pas sa dignité. L’Évangile, au cours des siècles, a imprégné les structures, les critères, les manières d’agir et de penser des civilisations où il a pénétré ; il l’a fait non par une révolution violente, mais par une transformation pacifique, de l’intérieur, à travers les consciences, la conversion des cœurs. Que la Vierge de Lourdes, que nous célébrons aujourd’hui, vous accompagne d’une présence maternelle, intercède pour vous auprès de Dieu et vous obtienne les grâces nécessaires pour vous soutenir sur votre chemin. Avec une affection particulière, nous lui confions tous les malades, auxquels nous pensons aujourd’hui, Journée mondiale du malade. L’étude des Écritures ouvre la porte à une relation intime avec Dieu qui, à travers la Sainte Écriture, nous invite au dialogue. Je vous encourage à lire et à méditer quotidiennement la Parole de Dieu. Qu’elle nourrisse nos cœurs et nos esprits et nous conduise à une vie pleine et épanouie. Nous vivons entourés de tant de paroles, mais combien d’entre elles sont vides ! Parfois, nous entendons aussi des paroles sages, mais qui ne touchent pas notre destin ultime. La Parole de Dieu, en revanche, répond à notre soif de sens, de vérité sur notre vie. Elle est la seule Parole toujours nouvelle : en nous révélant le mystère de Dieu, elle est inépuisable, elle ne cesse jamais d’offrir ses richesses. Aujourd’hui, mémoire de sainte Joséphine Bakhita, on célèbre la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes. Je remercie les religieuses et tous ceux qui s’engagent à combattre et à éliminer les formes actuelles d’esclavage. Avec eux je dis : la paix commence par la dignité ! C’est avec douleur et inquiétude que j’ai appris les récentes attaques contre diverses communautés au Nigeria qui ont causé de graves pertes en vies humaines. J’exprime ma proximité dans la prière à toutes les victimes de la violence et du terrorisme. Je souhaite que les autorités compétentes continuent à œuvrer avec détermination pour garantir la sécurité et la protection de la vie de chaque citoyen. Le sel qui a perdu sa saveur « n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens » (Mt 5, 13). Combien de personnes se sentent bonnes à jeter, imparfaites. C’est comme si leur lumière avait été cachée. Il est douloureux de perdre le goût et de renoncer à la joie ; pourtant, il est possible d’avoir cette blessure dans le cœur. Jésus nous annonce cependant un Dieu qui ne nous rejettera jamais, un Père qui garde notre nom, notre unicité. Chaque blessure, même profonde, guérira en accueillant la parole des Béatitudes et en nous remettant à marcher sur le chemin de l’Évangile. À l’occasion de la XIIe Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains, je renouvelle avec force l’appel urgent de l’Église à lutter contre ce crime grave contre l’humanité et à y mettre fin. À l’occasion de la célébration des 25e jeux olympiques d’hiver et des 14e Jeux Paralympiques, je désire saluer et adresser mes meilleurs vœux à toutes les personnes directement impliquées et saisir cette occasion pour proposer une réflexion destinée à tout le monde. Prions ensemble pour que les enfants atteints de maladies incurables ainsi que leurs familles reçoivent les soins médicaux et le soutien nécessaires, sans jamais perdre force et espérance. Il est tragique que les enfants et les jeunes de notre monde, ceux que Jésus voulait voir venir à lui, soient si souvent privés de soins et d’accès aux nécessités fondamentales de la vie. On peut se demander si les engagements mondiaux en faveur du développement durable ont été mis de côté quand on voit que tant d’enfants vivent encore dans l’extrême pauvreté, souffrent de maltraitance et sont déplacés de force, sans parler du fait qu’ils ne bénéficient pas d’une éducation adéquate et sont isolés ou séparés de leur famille. Le traité New START, qui a représenté une avancée significative dans la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, expire demain. Je lance un appel pressant pour que cet instrument ne soit pas abandonné sans chercher à lui assurer une suite concrète et efficace. La situation actuelle exige que tout soit mis en œuvre pour éviter une nouvelle course aux armements. Il est urgent de remplacer la logique de la peur et de la méfiance par une éthique commune capable d’orienter les choix vers le bien commun et de faire de la paix un patrimoine préservé par tous. Prions ensemble pour nos frères et sœurs d’’Ukraine durement éprouvés par les conséquences des bombardements qui visent à nouveaux les infrastructures énergétiques. J’exprime ma gratitude pour les initiatives de solidarité promues dans les diocèses catholiques de Pologne et d’autres pays, qui s’efforcent d’aider la population à résister en cette période de grand froid. Si l’annonce de la Parole de Dieu perd le contact avec la réalité, avec les espoirs et les souffrances des hommes, si elle utilise un langage incompréhensible, peu communicatif ou anachronique, elle s’avère inefficace. À chaque époque, l’Église est appelée à proposer à nouveau la Parole de Dieu dans un langage capable de s’incarner dans l’Histoire et de toucher les cœurs. Chères consacrés, l’Église remercie aujourd’hui le Seigneur et vous remercie pour votre présence, et elle vous encourage à être, là où la Providence vous envoie, un ferment de paix et un signe d’espérance. Je prie pour les nombreuses victimes de l’effondrement d’une mine dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Que le Seigneur soutienne ce peuple qui souffre tant ! Les Béatitudes deviennent pour nous un test du bonheur, et nous amènent à nous demander si nous le considérons comme une conquête que l’on achète ou comme un don que l’on partage ; si nous le plaçons dans des objets qui se consomment ou dans des relations qui nous accompagnent. |
{slider Janvier 2026 – Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir, libres par grâce et porteurs de liberté.}
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Je vous encourage à participer à mon Réseau mondial de prière, qui rassemble des personnes de cultures, de langues et de charismes différents dans une mission commune. J’invite tout particulièrement les jeunes à y participer, afin qu’ils puissent constituer la prochaine génération d’intercesseurs pour les besoins du monde entier. Nous sommes tous des vies en chemin, et Dieu continue d’inspirer ses rêves par l’intermédiaire des prophètes d’hier et d’aujourd’hui, afin de libérer l’humanité des anciennes et nouvelles formes d’esclavage, associant jeunes et moins jeunes, pauvres et riches, hommes et femmes, saints et pécheurs, aux œuvres de sa miséricorde et aux merveilles de sa justice. Le Seigneur ne fait pas de bruit, et pourtant son Royaume germe et s’étend aux quatre coins du monde. La Sainte Écriture, Parole inspirée par Dieu, et la Sainte Tradition, mémoire vivante de l’Église, sont intimement liées entre elles et forment le dépôt unique de la foi. Ce dépôt nous aide à naviguer dans les complexités de la vie pour atteindre notre demeure éternelle au ciel. Aujourd’hui, Journée de la Mémoire, je tiens à rappeler que l’Église reste fidèle à la position ferme de la déclaration Nostra Aetate contre toutes les formes d’antisémitisme et rejette toute discrimination ou harcèlement fondé sur l’origine ethnique, la langue, la nationalité ou la religion. Puisse l’Esprit Saint trouver en nous l’intelligence docile pour communiquer d’une seule voix la foi aux hommes et aux femmes de notre temps ! Prions pour la paix : en Ukraine, au Moyen-Orient et dans toutes les régions où, malheureusement, on se bat pour des intérêts qui ne sont pas ceux des peuples. La paix se construit dans le respect des peuples ! Je suis avec douleur les événements en Ukraine, je suis proche et je prie pour ceux qui souffrent. La poursuite des hostilités, avec des conséquences de plus en plus graves pour les civils, creuse le fossé entre les peuples et éloigne une paix juste et durable. J’invite chacun à intensifier encore ses efforts pour mettre fin à cette guerre. Aujourd’hui c’est la Journée mondiale des malades de la lèpre. J’exprime ma proximité à toutes les personnes atteintes de cette maladie. J’encourage l’Association Italienne des Amis de Raoul Follereau et tous ceux qui prennent soin des malades de la lèpre et s’engagent à protéger leur dignité. L’Évangile nous demande le risque de la confiance : Dieu est à l’œuvre à tout moment et chaque moment est bon pour le Seigneur, même si nous ne nous sentons pas prêts ou si la situation ne semble pas être la meilleure. La mission évangélisatrice que le Christ a confiée aux disciples exige avant tout des cœurs réconciliés et désireux de communion. Par conséquent, plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie. Nous avons besoin que le visage et la voix redeviennent le reflet de la personne. Nous devons préserver le don de la communication comme la vérité la plus profonde de l’homme, vers laquelle orienter également toute innovation technologique. La communion des chrétiens se réalise dans la mesure où nous convergeons vers le Seigneur Jésus. Plus nous lui sommes fidèles et obéissants, plus nous sommes unis entre nous. C’est pourquoi nous sommes appelés à prier et à travailler ensemble pour atteindre ce but, qui est l’œuvre du Saint-Esprit.
En contemplant le Christ, apprenons à aimer et à agir comme il nous le révèle, afin de mieux servir nos frères et de leur permettre de voir en nous le reflet du visage de Dieu. La compassion et la miséricorde envers les nécessiteux ne se réduisent pas à un simple effort individuel, mais se réalisent dans la relation : avec le frère dans le besoin, avec ceux qui prennent soin de lui et, à la base, avec Dieu qui nous donne son amour. Le thème choisi pour cette Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens est : « Un seul corps et un seul esprit, comme une seule est l’espérance à laquelle vous avez été appelés » (Ep 4, 4). Cette espérance est solidement fondée dans le Baptême, qui est la racine de toute fraternité chrétienne. En tant que messagers chrétiens d’espérance, nous avons la mission de porter la lumière du Seigneur dans les recoins les plus sombres de notre monde. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens commence aujourd’hui. J’invite donc toutes les communautés catholiques à intensifier, pendant ces jours, leur prière pour la pleine unité visible de tous les chrétiens. Notre engagement en faveur de l’unité doit aller de pair avec celui en faveur de la paix et de la justice dans le monde. Aujourd’hui, je voudrais rappeler les grandes difficultés que subit la population de l’est de la République démocratique du Congo, contrainte de fuir son pays à cause de la violence et confrontée à une grave crise humanitaire. Prions ensemble pour que le dialogue en faveur de la réconciliation et de la paix prévale toujours entre les parties en conflit. Je tiens également à assurer de ma prière les victimes des inondations qui ont frappé l’Afrique australe ces derniers jours. Ne gaspillons pas notre temps et notre énergie à courir après ce qui n’est qu’apparence. Apprenons de Jean le Baptiste à garder l’esprit vigilant, à aimer les choses simples et les paroles sincères, à vivre avec sobriété et profondeur d’esprit et de cœur. Notre joie et notre grandeur ne reposent pas sur des illusions passagères de succès et de popularité, mais sur le fait de nous savoir aimés et désirés par notre Père qui est aux cieux. Notre diplomatie trouve son origine dans l’Évangile : ce n’est pas une tactique, mais une charité réfléchie ; elle ne cherche ni vainqueurs ni vaincus, elle ne construit pas de barrières, mais elle rétablit des liens authentiques. Les diplomates du Pape sont appelés à être des ponts : des ponts invisibles pour soutenir, des ponts solides lorsque les événements semblent difficiles à endiguer et des ponts d’espoir lorsque le bien vacille. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c’est précisément l’amitié avec Dieu qui est notre salut. Dieu nous parle et se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à devenir ses amis. Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l’écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs ; en même temps, nous sommes appelés à parler à Dieu, non pas pour lui communiquer ce qu’il sait déjà, mais pour nous révéler à nous-mêmes. En Ukraine, de nouvelles attaques particulièrement graves, visant principalement les infrastructures énergétiques alors que le froid s’intensifie, touchent durement la population civile. Je prie pour ceux qui souffrent et je renouvelle mon appel à cesser les violences et à intensifier les efforts pour parvenir à la paix. Mes pensées vont vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes provoquent la mort de nombreuses personnes. Je souhaite et je prie pour que le dialogue et la paix soient cultivés avec patience, dans la recherche du bien commun de toute la société. Dans sa sainteté, le Seigneur se fait baptiser comme tous les pécheurs, pour révéler l’infinie miséricorde de Dieu. En effet, il vient pour sauver et non pour condamner. Il prend sur lui ce qui est nôtre, y compris le péché, et nous donne ce qui est sien, c’est-à-dire la grâce d’une vie nouvelle et éternelle Dieu ne regarde pas le monde de loin, sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes ! Il vient parmi nous avec la sagesse de son Verbe fait chair, nous impliquant dans un projet d’amour surprenant pour toute l’humanité. Comme une lumière dans les ténèbres, le Seigneur se trouve là où nous ne l’attendons pas : c’est le Saint parmi les pécheurs, qui veut habiter parmi nous sans garder ses distances, mais en assumant pleinement tout ce qui est humain. Dans le contexte actuel, on assiste à un véritable “court-circuit” des droits humains. Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même à la vie subissent des restrictions au nom d’autres droits dits nouveaux, avec pour conséquence que tout le système des droits humains perd de sa vigueur, laissant place à la force et à l’oppression. Cela se produit lorsque chaque droit devient autoréférentiel et surtout lorsqu’il perd son lien avec la réalité des choses, leur nature et la vérité. La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui, a été enfreint. On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi, mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. Cela menace gravement l’État de droit qui est le fondement de toute coexistence civile pacifique. C’est dans cet esprit que nous voulons travailler ensemble : l’esprit de ceux qui souhaitent que, dans le Corps mystique du Christ, chaque membre coopère de manière ordonnée au bien de tous (cf. Ep 4, 11-13), en exerçant avec dignité et plénitude son ministère sous la conduite de l’Esprit, heureux d’offrir et de voir mûrir les fruits de son travail, comme de recevoir et de voir croître ceux du travail des autres. Pour être une Église véritablement missionnaire, c’est-à-dire capable de témoigner de la force d’attraction de la charité du Christ, nous devons avant tout mettre en pratique son commandement, le seul qu’il nous ait donné après avoir lavé les pieds de ses disciples : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». Prions ensemble pour que la prière, à partir de la Parole de Dieu, nourrisse nos vies et soit une source d’espérance au sein de nos communautés, nous aidant à édifier une Église plus fraternelle et missionnaire. Nous entamons une nouvelle série de catéchèses consacrées au Concile Vatican II et à une relecture de ses documents. En effet, c’est le Magistère qui demeure aujourd’hui le phare qui guide le chemin de l’Église. Mes pensées vont aux communautés ecclésiales d’Orient, qui célèbrent Noël selon le calendrier julien. Chers frères et sœurs, que le Seigneur Jésus vous donne, ainsi qu’à vos familles, sérénité et paix ! Le Jubilé est venu nous rappeler qu’il est possible de recommencer, et même que nous en sommes qu’au début, que le Seigneur veut grandir parmi nous, qu’il veut être Dieu-avec-nous. C’est pourquoi, chers frères et sœurs, il est beau de devenir des pèlerins d’espérance. Et il est beau de continuer à l’être, ensemble ! La fidélité de Dieu nous surprendra encore. En cette fête de l’Épiphanie, qui est la Journée Missionnaire des Enfants, je tiens à saluer et à remercier tous les enfants et les jeunes qui, dans de nombreuses régions du monde, prient pour les missionnaires et qui s’engagent à aider leurs camarades les plus défavorisés. Dans les dons des Mages voyons ce que chacun de nous peut mettre en commun, ce qu’il ne peut plus garder pour lui mais partager, afin que Jésus grandisse parmi nous. Que son Royaume grandisse, que ses paroles s’accomplissent en nous, que les étrangers et les adversaires deviennent des frères et des sœurs, que l’inégalité fasse place à l’équité, que l’industrie de la guerre cède la place à l’artisanat de la paix. S’agenouiller comme les Mages devant l’Enfant de Bethléem c’est, pour nous aussi, confesser que nous avons trouvé la véritable humanité, dans laquelle resplendit la gloire de Dieu. “Dieu sauve” : il n’a pas d’autres intentions, il n’a pas d’autre nom. Seul ce qui libère et sauve vient de Dieu et est épiphanie de Dieu. C’est avec une profonde inquiétude que je suis l’évolution de la situation au Venezuela. L’intérêt du peuple vénézuélien bien-aimé doit prévaloir sur toute autre considération et inciter à surmonter la violence pour emprunter la voie de la justice et de la paix. Prions ensemble, en confiant notre prière à l’intercession de Notre-Dame de Coromoto et des saints José Gregorio Hernández et Sœur Carmen Rendiles. Je tiens à réitérer ma proximité avec toutes les personnes en deuil à la suite de la tragédie survenue à Crans-Montana, en Suisse. Je vous assure de ma prière pour les défunts, les blessés et leurs proches. « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous » (Jn 1, 14). Si Dieu est devenu l’un de nous, chaque créature humaine est son reflet. Et cela nous appelle à reconnaître en toute personne sa dignité inviolable et à nous exercer à l’amour mutuel les uns envers les autres. En cette Journée, prions ensemble pour la paix : d’abord entre les nations ensanglantées par les conflits et la misère, mais aussi dans nos foyers, dans les familles blessées par la violence et la souffrance. Certains que le Christ, notre espérance, est le soleil de justice qui ne s’éteint jamais, demandons avec confiance l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église. Dans la Maternité Divine de Marie, nous voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf. Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus grande puissance : la liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours. La liturgie nous rappelle, en ce début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la réponse de notre liberté. |
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